études économiques
Laos

Laos

Population 7,3 millions
PIB par habitant 2 587 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%)* 4.7 -0.4 2,2 4.6
Inflation (moyenne annuelle, %)* 3.3 5.0 4.9 3.7
Solde public / PIB (%)* -5.0 -6.5 -5.6 -5.3
Solde courant / PIB (%)* -6.5 -5.7 -7.5 -7.2
Dette publique / PIB (%)* 61.6 68.0 68.2 68.8

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale 2022 : 1er octobre 2021 – 30 septembre 2022

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles abondantes : minerais (cuivre, or, fer), produits agricoles (maïs, riz, canne à sucre, caoutchouc, manioc, soja, café) et forêts (bois et pâte à papier).
  • Développement du secteur hydroélectrique et diversification de l’économie (agroalimentaire, électronique, textile).
  • Investissements étrangers dans les secteurs des matières premières et de l’énergie
  • Intégration régionale (ASEAN) et adhésion à l’OMC

POINTS FAIBLES

  • Déficit important et persistant de la balance courante
  • Faibles réserves de change
  • Gouvernance défaillante et inégalités importantes
  • Fragilité du secteur bancaire
  • Risque souverain important en raison d’une dette extérieure élevée, notamment avec la Chine.
  • Sensibilité aux prix des matières premières ainsi qu’à la conjoncture économique et géopolitique régionale (enclave).
  • Niveaux élevés de corruption (134ème/198 dans l’indice de Transparency International en 2020).

Appréciation du risque

Une reprise plus faible qu’anticipé

La reprise a été freinée par une vague inattendue de COVID-19 au second semestre 2021, la consommation et l’activité manufacturière ayant été frappées par des mesures de confinement et d’endiguement de la pandémie. La consommation des ménages, qui représente 66 % du PIB, devrait rester faible du fait des pertes de revenus résultant d’une hausse du chômage dans le sillage du confinement et de la faiblesse des transferts d’expatriés, principale source de revenus de 9 % des ménages. Les restrictions continueront de peser sur la construction (8 % du PIB) à court terme et de retarder certains projets, les travailleurs manuels ayant été licenciés pendant les confinements. Toutefois, cela ne semble pas être le cas pour les grands projets d’infrastructure : la voie ferrée Chine-Laos, un projet relevant de l’initiative « Belt and Road », fut opérationnelle en décembre 2021, comme prévu. En outre, une solide réserve de grands projets, notamment le projet hydroélectrique Nam Theun 1 (un projet mené conjointement entre les gouvernements laotien et thaïlandais) qui devrait entrer en service en 2022, et la zone économique spéciale de Sithandone créée par le Guangdong Yellow River Industrial Group (une entreprise chinoise qui prévoit d’investir 10 milliards d’USD) devraient soutenir les perspectives du secteur de la construction et les investissements en 2022. L’électricité, qui représente 10 % du PIB et 25 % des exportations, restera un moteur essentiel de la croissance en 2022. L’industrie agricole (15 % du PIB), qui emploie 60 % de la main-d’œuvre, devrait se développer en 2022 si les conditions météorologiques restent favorables. Cependant, l’interdiction d’importation de bovins par la Chine en juillet 2021, à la suite d’une épidémie de dermatose nodulaire, devrait représenter un défi pour le secteur. L’industrie minière (6 % du PIB) devrait continuer son déclin en raison de la suspension des nouvelles concessions minières par le gouvernement en 2016. Les services, notamment le tourisme (représentant 3,5 % du PIB), ont été touchés par les restrictions et devraient continuer à peser sur la reprise.

 

Vulnérabilité aux chocs extérieurs en raison de la persistance d’un niveau élevé de dette publique extérieure

Le déficit public devrait connaître un léger recul en 2022, car les recettes continueront d’augmenter alors que les dépenses devraient croître à un rythme plus lent après la mise en œuvre d’un plan de relance à hauteur de 1,9 % du PIB en 2020 pour soutenir l’économie. La dette extérieure s’élève à 67 % du PIB, 56 % de la dette extérieure totale étant due par le secteur public, le reste correspondant à des engagements non garantis dans le cadre de partenariats public-privé ou de la liaison ferroviaire Boten-Ventiane. La dette extérieure est largement libellée en dollars, ce qui la rend vulnérable aux chocs extérieurs, et augmente pendant les périodes de dépréciation du kip, comme cela a été le cas en 2021 (surtout à partir septembre). La moitié de la dette est détenue par la Chine, qui a participé aux grands investissements du pays, dans le cadre de l’initiative « Belt and Road » (prêt de 5,9 milliards de dollars pour la ligne à grande vitesse Vientiane-Boten, l’hydroélectricité…). Le niveau de la dette et son service empêchent le pays de financer ses dépenses à des conditions favorables sur les marchés financiers, c’est pourquoi la part concessionnelle représente 61 % de la dette publique extérieure.

 

Le déficit de la balance courante devrait légèrement reculer, car le déficit de la balance commerciale devrait s’améliorer sous l’effet de la reprise de la demande extérieure. Les exportations connaissent un redressement, notamment pour le minerai de cuivre et l’électricité, en raison de la reprise chez les principaux partenaires commerciaux du Laos (Chine, Thaïlande et Vietnam). Cela dit, la faiblesse du secteur du tourisme devrait limiter le redressement du déficit commercial, car les restrictions aux frontières devraient subsister. Par ailleurs, 70 % des envois de fonds des expatriés (1,7 % du PIB en 2019) proviennent de la Thaïlande, fortement touchée par la crise, et suivront la courbe de sa reprise. Le déficit de la balance courante est généralement financé par la dette bilatérale et multilatérale, ainsi que par les IDE, notamment en provenance de Chine. Les réserves de change ont atteint 3,3 mois d’importations en septembre 2020 (dernières données) et restent suffisantes pour l’instant.

 

Un système politique opaque et une forte dépendance à l’égard de la Chine

Le président Boungnang Vorachit et le Premier ministre Thongloun Sisoulith sont tous deux membres du Parti révolutionnaire populaire lao (PRPL), qui est le seul parti au pouvoir autorisé dans le pays. Ce parti communiste contrôle tous les aspects de la politique et des libertés civiles. Les élections législatives de février 2021 ont renforcé sa position au Parlement, avec 14 sièges supplémentaires (158/164 sièges).

 

L’influence de la Chine reste forte car le pays s’appuie fortement sur son économie pour la réalisation de grands projets d’infrastructures tels que des projets autoroutiers (autoroute de Vientiane), dans le cadre de l’initiative « Belt and Road » visant à soutenir sa reprise économique. Les inquiétudes se multiplient au sujet des prêts importants contractés par le Laos pour financer ces projets. Si le pays ne parvenait pas à rembourser les créanciers chinois, cela pourrait le conduire dans le piège de l’endettement, situation dans laquelle les actifs seraient saisis par la Chine, comme cela fut le cas en septembre 2020, lorsque le Laos a permis à la Chine de prendre le contrôle de sa compagnie nationale d’électricité.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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