études économiques
République centrafricaine

République centrafricaine

Population 4,8 millions
PIB par habitant 494 $US
D
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 3,1 0,8 -0,6 3,4
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,7 2,1 3,3 2,5
Solde public / PIB (%)* 1,4 -3,3 -1,1 -1,2
Solde courant / PIB (%)** -5,1 -8,7 -6,1 -6,1
Dette publique / PIB (%) 47,8 44,1 42,2 39,2

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus **Coopération internationale incluse

POINTS FORTS

  • Potentiel agricole (coton, café), sylvicole et minier (diamant, or, uranium)
  • Importance du soutien financier international
  • Appartenance à la COMMUNAUTE ECONOMIQUE ET MONETAIRE DE L'AFRIQUE CENTRALE (CEMAC)

POINTS FAIBLES

  • Extrême pauvreté très répandue
  • Fragilité et instabilité des conditions sécuritaires et politiques provoquant d’importants mouvements de population dans et en-dehors du pays
  • Faible diversification économique
  • Forte dépendance à l’égard des exportations de matières premières
  • Exportation illégale d’or et de diamant nuisible aux recettes publiques

Appréciation du risque

Une croissance soumise à l’insécurité 

Bien que la République Centrafricaine (RCA) n’ait été que faiblement impactée en terme sanitaire par la pandémie de la COVID-19, les conséquences économiques, couplées à d’importants conflits post-électoraux nuisent aux perspectives de croissance pour 2022. Celles-ci sont positives mais vulnérables à la fragilité des conditions de sécurité, qui ont notamment poussé le Cameroun à fermer le corridor Douala (principal port de la région) –Bangui, ville frontalière avec la RDC, pendant 3 mois en 2021, bloquant ainsi une grande partie des échanges Centrafricains.

 

L’économie de la RCA est dépendante de ses exportations (15% du PIB), en particulier de bois, or, diamant, cacao, café, et coton (qui représentent ensemble 90% de ses recettes d’exportations), qui seront stimulées par la reprise post-COVID-19 et la fermeté de leurs cours. En effet, les exportations de diamant (8% du total) ont repris après une interruption quasi-totale pendant le pic de la pandémie. Côté agriculture (35,5% du PIB et 77,1% de l’emploi en 2020), la production et les exportations de coton devraient également augmenter, après que les pouvoirs publics aient poursuivi l’apurement des arriérés publics accumulés auprès des producteurs. Les activités liées au bois (2/3 des exportations de la RCA) et la sylviculture devraient s’intensifier en 2022 avec la reprise mondiale du secteur de la construction, qui a conduit à une explosion du prix du bois (+377% en mai 2021 sur un an). Aussi, cette hausse du prix, et de la demande de bois, notamment de la part de ses principaux clients comme la Chine, devrait booster les exportations centrafricaines et permettre un affaiblissement du déficit courant. Les importations devraient elles aussi, également augmenter du fait de la hausse du prix du pétrole (1/3 des importations).

 

La consommation privée, qui s’était contractée en 2020 et 2021, conséquence de l’appauvrissement de la population, devrait repartir et soutenir la croissance en 2022. Enfin, l’investissement privé sera soutenu par l’adoption de réformes favorables aux entreprises, comme la protection des investisseurs minoritaires. Evidemment, la mise en place et l’efficacité de ces mesures sont sous la menace de la recrudescence de la violence et de l’insécurité, qui pourraient retarder la mise en œuvre des réformes économiques, mais également de l’évolution de la pandémie de COVID-19. En septembre 2021, seulement 0,2% de la population centrafricaine est vaccinée contre la maladie.

 

Une dépendance à l’aide extérieure accrue

La situation budgétaire s’est détériorée et le déficit creusé du fait de la gestion des conflits post-électoraux et du blocus du corridor Bangui-Douala. Néanmoins, le poids de la dette publique a légèrement diminué du fait de l’allègement consenti par le FMI et devrait poursuivre sa tendance décroissante sur le long terme, plus de la moitié des dépenses publiques étant couvertes par des financement extérieurs multi ou bilatéraux, dont une bonne part sous forme de dons. En 2020, les dons des bailleurs de fonds internationaux représentaient 12,6% du PIB, soit plus de 60% des recettes totales du gouvernement. Par exemple, dans le contexte de la crise sanitaire, l’Agence Française de développement, la Banque Africaine de Développement, la Banque Mondiale, ainsi que l’UE ont délivré un appui budgétaire de plus de 400 millions de dollars (18% du PIB). Le FMI a également accordé deux prêts concessionnels dans le cadre de sa Facilité de crédit élargie approuvée en décembre 2019. Enfin, en fin d’année 2021, la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale a octroyé un prêt d’un montant de 15 milliards de francs CFA (27 millions de dollars) à la République centrafricaine, notamment pour la lutte contre la covid-19 et le renforcement du système sanitaire.

 

La sécurité comme principal enjeu politique

Le RCA demeure dans une situation politique et sécuritaire très précaire depuis 2013. Malgré un accord de paix signé en février 2019 entre le gouvernement et les différents groupes rebelles, qui a contribué à faire reculer la violence, la situation sécuritaire reste très dégradée. C’est dans ce contexte qu’a eu lieu fin 2020 l’élection présidentielle, dont Faustin-Archange Touadéra, président sortant, est sorti vainqueur. L’élection s’est focalisée sur les enjeux sécuritaires, essentiels pour la reprise économique. Pourtant, depuis l’élection, de fréquents affrontements opposent partisans du président et la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) mouvement armé qui est la fusion de six groupes rebelles. Ces confrontations avaient empêché la bonne tenue des élections législatives qui se sont finalement déroulées entre mai en août 2021 : le parti présidentiel au pouvoir dispose d’une majorité relative. Les premiers défis du nouveau mandat de Faustin-Archange Touadéra sont le rétablissement de la sécurité et de l’intégrité territoriale du pays et la lutte contre l’impunité qui alimente les cycles de violence.

 

L’accord de paix prévoit d’intégrer des représentants des rebelles au sein du gouvernement et de permettre à l’armée nationale de reprendre le contrôle du territoire (70 à 80 % est aux mains des rebelles), avec des unités composées de militaires issus de l’armée régulière et des groupes rebelles. Cependant, l’application de cet accord est incertaine.

 

Enfin, la RCA connaît également des problèmes transfrontaliers, souvent liés aux mouvements de population. Des incidents ont éclaté en 2021 avec le Tchad. En effet, des rebelles centrafricains s’y étaient réfugiés, incitant les forces armées à aller à leur poursuite, causant des pertes à l’armée tchadienne.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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