études économiques
Sao Tomé-et-Principe

Sao Tomé-et-Principe

Population 0,2 million
PIB par habitant 1 943 $US
D
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 3,9 2,7 2,9 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 7,7 9,0 7,9 7,4
Solde public * / PIB (%) -2,8 -4,7 -2,6 -2,5
Solde courant ** / PIB (%) -8,2 -7,3 -7,6 -8,0
Dette publique / PIB (%) 92,4 95,0 94,5 93,6

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Hors redevances pétrolières, dons et investissements financés. ** Coopération internationale courante comprise.

POINTS FORTS

  • Perspectives de développement du secteur touristique
  • Soutien des bailleurs de fonds internationaux
  • Liens développés avec le Portugal et les pays lusophones (Angola, Brésil)
  • Arrimage du dobra à l’euro

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance envers l’aide publique internationale
  • Économie encore dominée par l’agriculture et la pêche
  • Environnement des affaires défaillant
  • Coûts d’importation et d’exportation élevés en raison de son éloignement et de son insularité
  • Secteur bancaire peu développé et fragile
  • Endettement public élevé

Appréciation du risque

Une croissance dépendante des financements extérieurs

Après deux années médiocres pour l’économie de l’archipel, la croissance sera modérée en 2020. Les problèmes d’approvisionnement énergétique, particulièrement néfastes pour l’activité, devraient persister, malgré les efforts des autorités (achat de nouveaux générateurs thermiques, développement de la production photovoltaïque et hydroélectrique). La croissance continuera d’être tributaire des financements extérieurs, qui se matérialisent essentiellement dans des investissements publics (10 % du PIB). L’élaboration et la remise en état des infrastructures routières et du réseau électrique devraient être poursuivies, tandis que les travaux d’agrandissement de l’aéroport international seront lancés en 2020, sous l’impulsion de fonds chinois. Ces projets d’infrastructures visent notamment à appuyer le développement d’un secteur touristique qui poursuivra son expansion. Ce secteur devrait néanmoins toujours souffrir de la faiblesse du secteur bancaire local, bien que la croissance du crédit se soit un peu redressée en 2019. Par ailleurs, les investissements seront aussi alimentés par la reprise des explorations pétrolières offshore dans la zone de développement commune avec le Nigeria, initiées notamment par Total. L’agriculture et, dans une moindre mesure, la pêche contribueront à la croissance. Les exportations de cacao devraient être plus dynamiques, avec un prix mondial qui remonterait peu à peu. En effet, le Ghana et la Côte d’Ivoire (qui représentent 60 % de la production mondiale) veulent s’accorder afin de limiter leur production. Si la bonne tenue des secteurs de l’agriculture et du tourisme devrait porter la consommation des ménages, la consolidation budgétaire voulue par le FMI et l’inflation élevée, due aux prix de l’énergie sur l’archipel, l’affecteront également.

 

Déficits jumeaux structurels et dette sous surveillance

En 2020, le déficit public global devrait légèrement diminuer, grâce à un déficit primaire domestique (excluant les intérêts de la dette, les revenus pétroliers, ainsi que les dons, aides et dépenses associées) qui continuera à se réduire, en ligne avec la consolidation budgétaire prônée par le FMI dans le cadre du nouvel accord de Facilité élargie de crédit, octroyé en octobre 2019 (18 millions USD sur 40 mois). Le FMI souhaite que le pays contrôle ses dépenses, notamment en réduisant les subventions sur les prix des carburants, et qu’il augmente ses revenus, en particulier grâce à l’introduction de la TVA. La mise en place de cette dernière, prévue pour janvier 2021, devrait permettre de lever plus de ressources domestiques, qui restent faibles et continuent de contraindre la politique budgétaire, soumise à la volatilité des financements extérieurs. En dépit des efforts réalisés pour inverser la trajectoire de la dette, le risque lié à sa soutenabilité reste très élevé. Malgré les négociations en vue de sa restructuration, le pays reste en situation d’arriérés auprès de certains créanciers bilatéraux (Brésil, Angola, Guinée équatoriale) mais aussi domestiques. Ainsi, à travers l’entreprise nationale de distribution d’eau et d’électricité, le pays est lourdement endetté auprès d’ENCO, une entreprise approvisionnant l’archipel en pétrole et détenue par une société étatique angolaise.

 

L’insularité et la faible diversification économique continueront d’alimenter le déficit commercial (30 % du PIB) et, par conséquent, le déficit courant hors dons de l’archipel, qui devrait légèrement s’accroître en 2020. La progression des importations, notamment de biens d’équipement nécessaires à la réalisation des projets d’infrastructures, ne sera compensée qu’en partie par la hausse des exportations de biens, essentiellement de cacao, et de services, liées aux recettes touristiques. De plus, les remises des expatriés pourraient reculer, en particulier avec le ralentissement de la zone euro. Le financement du déficit continuera de dépendre des dons extérieurs, mais aussi des IDE (essentiellement liés à la prospection pétrolière) et des prêts concessionnels. La vulnérabilité du pays à la volatilité des dons extérieurs expose les réserves de change (représentant seulement 3 mois d’importations en juillet 2019), dont dépend la pérennité de l’ancrage du dobra face à l’euro.

 

Une coalition à l’épreuve des réformes

Depuis les élections législatives d’octobre 2018, la coalition formée par le Mouvement de libération de Sao-Tomé-Et-Principe – Parti social-démocrate (MLSTP-PSD) et d’autres petits partis (PCD-UDD-MDFM) est au pouvoir, malgré la majorité relative (25 sièges sur 55) de l’Action démocratique indépendante (ADI), qui détenait auparavant la majorité absolue. À la tête de la coalition, Jorge Bom Jesus a succédé au poste de Premier ministre à Patrice Trovoada (ADI), imposant ainsi une cohabitation au président Evaristo Carvalho, élu en 2016 et également issu de l’ADI. La mise en œuvre des réformes budgétaires voulues par le FMI, potentiellement sources d’opposition populaire, risque d’éprouver la stabilité d’une coalition qui possède la majorité la plus étroite possible (28 sièges).

 

Le déficit d’infrastructures dans l’archipel ainsi que la faiblesse de l’environnement juridique et réglementaire contraignent l’environnement opérationnel (170e sur 190 pays dans le classement Doing Business).

 

Sur le plan extérieur, la coopération restera cruciale pour l’archipel. Les relations avec les pays lusophones (Portugal, Angola, Brésil) restent très importantes. Depuis la reconnaissance d’une Chine unique au détriment de Taïwan en 2016, les relations avec la Chine se renforcent, comme l’illustre l’augmentation des financements accordés à l’archipel.

 

 

Dernière mise à jour : Mai 2020

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