études économiques
Venezuela

Venezuela

Population 28,0 millions
PIB par habitant 1 691 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) -35.0 -30.0 -1.0 4.0
Inflation (moyenne annuelle, %) 19 906,0 2 355.0 2 700.0 2 000.0
Solde public / PIB (%) -10.0 -5.0 -4.0 -3.5
Solde courant / PIB (%) 7.8 -4.3 0.3 1.0
Dette publique / PIB (%)* 232.9 304.0 315,0 310,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Secteur public non-financier (PDVSA) inclus

POINTS FORTS

  • Réserves considérables de pétrole le long du fleuve Orénoque et potentiel gazier offshore

POINTS FAIBLES

  • En défaut sur sa dette souveraine et quasi-souveraine (PDVSA), retards de paiement dans le commerce courant
  • Economie fortement dépendante des hydrocarbures, des prêts de la Chine et de la Russie, et de l’aide iranienne
  • Gestion opaque et discrétionnaire des revenus pétroliers
  • Hyperinflation
  • Pénurie de devises et de biens (aliments de première nécessité, médicaments)
  • Forte insécurité politique
  • Criminalité (homicides), corruption, trafics en tout genre, marché noir
  • Sous sanctions américaines :blocus pour le commerce du pétrole, sanctions financières

Appréciation du risque

La fin d’une crise pluriannuelle mais une situation toujours critique

En 2022, l’économie vénézuélienne devrait, enfin, arrêter de décroitre, après huit années de repli. Fin 2021, le PIB représentait seulement 24% de celui d’avant crise en 2013. Ce retour à la croissance sera principalement dû à la reprise du PIB pétrolier, porté par des prix plus élevés du pétrole et l’accord signé en octobre 2021 avec l’Iran qui devrait permettre d’accroître la production pétrolière du pays. Cet accord entre l’entreprise vénézuélienne PDVSA et sa contrepartie iranienne NIOC prévoit l’échange de pétrole brut lourd vénézuélien contre du condensé léger iranien. Ces livraisons de condensé léger pendant 6 mois renouvelables devraient permettre à PDVSA de diluer son pétrole lourd provenant de la zone principale d’extraction de l’Orénoque et réduire la pénurie de diesel dans le pays. Les exportations devraient aussi en bénéficier après des premiers résultats fin 2021. La reprise du PIB non-pétrolier devrait être plus lente, alors que des années de sous-investissement et de pénuries ont détruit l’appareil productif et favorisé la fuite des cerveaux. La croissance dans les pays d’accueil des expatriés vénézuéliens (Colombie, Espagne, Etats-Unis), devrait accroitre les flux de remises et soutenir une certaine reprise de la consommation des ménages, alors qu’ont pris fin les restrictions à la mobilité interne, sous réserve d’absence de rebond épidémique (53% de la population vaccinée selon les chiffres officiels en octobre 2021). Ces transferts sont la principale source de revenus pour un grand nombre de ménages, avec 95% de la population sous le seuil de pauvreté en 2021 d’après la récente étude Encovi réalisée par les plus grandes universités du pays. Les contraintes sur les ménages devraient, cependant, rester fortes, alors que les augmentations successives du salaire minimal intégral (salaire & bons d’approvisionnement) n’ont pas permis de suivre la croissance à trois chiffres des prix. La dollarisation croissante de l’économie, via le paiement par les entreprises de certains salaires en devises pour limiter la fuite des cerveaux à l’étranger, et les remises, devrait limiter en partie l’impact de cette inflation sur les ménages, mais ne sera pas suffisante. Une redénomination monétaire a été mise en place en octobre 2021, la troisième depuis le début de la crise, et prévoit la conversion d’un million de bolivars souverains en 1 bolivar digital. Elle ne devrait pas pallier à l’absence de réforme structurelle et à la monétisation du déficit public pour réduire cette inflation. La consommation publique restera largement contrainte par le manque de financement, tandis que les investissements seront encore atones face à des sanctions américaines toujours en place et un environnement des affaires largement déficient. Du point de vue de la demande externe, la reprise chez les partenaires du pays (Russie, Chine principalement) devrait favoriser les exportations de pétrole brut.

 

Une dette publique abyssale et un compte courant à nouveau légèrement positif

Avec des recettes fiscales largement dépendantes du pétrole, ces dernières devraient augmenter, alors que les dépenses liées à la lutte contre la pandémie devraient se réduire. Le déficit public devrait donc être légèrement moins élevé en 2022. Le budget, décrit comme « réaliste » par le gouvernement, prévoit des dépenses pour la santé, l’éducation, les transports et la simplification des formalités administratives. Ce déficit sera largement financé via la planche à billet, alors que le pays a perdu tout accès à des financements internationaux depuis 2017 et la suspension du paiement des intérêts et du principal pour les obligations 2019 et 2024. L’incertitude plane encore quant aux négociations sur la dette détenue par la Chine, après l’obtention d’un premier moratoire en 2020.

  
Le compte courant devrait retourner dans le vert grâce au dynamisme des flux de remises des expatriés. Le déficit de la balance des biens devrait rester stable. En effet, la hausse du prix du pétrole soutient les exportations, mais augmente aussi la facture à l’import, puisque le pays est devenu importateur net d’essence et de diesel. La lente reprise de la consommation des ménages devrait aussi favoriser les importations qui resteront toutefois contraintes par le manque de devises. En l’absence d’investissement direct étranger, la pression sur les réserves de change devrait continuer, alors qu’elles se trouvaient à leur plus bas niveau historique en juillet 2021, en baisse de 72% par rapport au niveau de décembre 2014, épuisée par les interventions de la banque centrale pour limiter la dépréciation des différents bolivars.

 

Des négociations épisodiques mais peu de changement à en attendre

Alors que la communauté internationale a reconnu Juan Guaido, ancien président de l’Assemblée nationale, comme chef de gouvernement légitime depuis 2019, Nicolas Maduro semble peu décider à quitter le pouvoir. L’opposition a accepté de participer aux élections locales de novembre 2021 après avoir boycotté les législatives fin 2020. La forte implantation locale du PSUV de Maduro, la répression massive des dernières années, et le découragement de la majorité ont permis au parti au pouvoir de s’assurer la victoire, malgré la défaite dans le fief de la famille Chavez. Les négociations entre les deux parties ont mené à la signature de deux accords à faibles enjeux en septembre 2021 sur le conflit territorial avec le Guyana et la mise en place d’un groupe de travail pour assurer les services humanitaires. L’expulsion vers les Etats-Unis par le Cap Vert d’Alex Saab, un homme d’affaire colombien allié de Maduro, pour y être poursuivi pour corruption, a entraîné la suspension de ces négociations. 5 citoyens américains, cadres de la filiale américaine de PDVSA Citgo Petroleum ont été arrêtés afin de servir de monnaie d’échange. Toutefois, il est peu probable que cette stratégie fonctionne face à une administration Biden en attente de progrès démocratiques dans le pays. 

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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