Turquie

Europe, Asie

PIB / Habitant ($)
13235,9 $
Population (en 2021)
85,4 Millions

Evaluation

Risque Pays
C
Climat des affaires
A4
Précédemment
C
Précédemment
A4

suggestions

Résumé

Points forts

  • Une situation géographique stratégique, à proximité des principaux marchés d’exportation
  • Un secteur manufacturier très diversifié, un solide savoir-faire en matière de production
  • Des atouts touristiques variés
  • Une population jeune, une main-d’œuvre qualifiée
  • Les énergies renouvelables représentent 53 % de la capacité électrique totale installée en Turquie
  • Découverte d’un gisement de gaz au large des côtes de la mer Noire
  • Une monnaie plus stable après le retour à des politiques orthodoxes : réduction du déficit extérieur, ralentissement prévu de l’inflation
  • Un faible niveau de dette publique

Points faibles

  • Points faibles
  • Les risques géopolitiques, notamment les répercussions potentielles d’une éventuelle extension et intensification des conflits dans la région
  • La dépendance vis-à-vis des importations d’énergie et de biens intermédiaires, ainsi que l’exposition à la volatilité des cours mondiaux du pétrole
  • La concentration des exportations principalement vers les pays européens, et leur faible contenu technologique
  • Un processus de désinflation plus lent que prévu en raison de l’inertie de l’inflation dans le secteur des services, et des difficultés à ancrer les anticipations d’inflation
  • Manque de concurrence dans certains secteurs, ce qui accentue les pressions inflationnistes
  • Niveau élevé de la dette extérieure à court terme des entreprises, exposant l’économie à des chocs extérieurs
  • Faible taux d’activité des femmes dans le secteur formel
  • Résultat médiocre à l’indice de perception de la corruption de Transparency International

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Europe
31%
États-Unis d'Amérique
6%
Royaume-Uni
6%
Irak
5%
Russie (Fédération de)
3%

Import des biens en % du total

Europe 26 %
26%
Chine 13 %
13%
Russie (Fédération de) 13 %
13%
États-Unis d'Amérique 5 %
5%
Suisse 3 %
3%

Evaluation des risques sectoriels

Perspectives

Les perspectives économiques mettent en lumière les opportunités et les risques à venir, aidant à anticiper les changements majeurs. Cette analyse est essentielle pour toute entreprise cherchant à s'adapter aux évolutions du marché.

La croissance devrait s'améliorer dans un contexte de désinflation progressive

Le profil de croissance sous-jacent devrait rester relativement modéré dans l’économie turque jusqu’à la fin de l’année 2026, en raison de conditions financières tendues (croissance limitée des prêts, taux d’intérêt réels élevés) et d’un affaiblissement de la demande extérieure. La consommation privée (environ 55 % du PIB) devrait rester contenue à court terme, car le coût élevé de l’emprunt, le ralentissement de la croissance réelle du crédit (environ 25 % en juillet 2026 contre une inflation annuelle de 31,8 %) et l’érosion cumulative du pouvoir d’achat des ménages limitent les dépenses discrétionnaires. Néanmoins, une hausse relative des salaires réels et le recul progressif de l’inflation devraient empêcher un affaiblissement plus marqué de la demande des ménages. Les investissements (environ 30 % du PIB) devraient également rester inégaux : les coûts de financement élevés, la baisse de la rentabilité et l’incertitude quant aux perspectives de la demande devraient continuer à peser sur les investissements du secteur privé, en particulier pour les petites entreprises, tandis que les investissements des grandes entreprises dans les machines, l’automatisation et l’amélioration de la productivité devraient s’avérer plus résistants. La politique monétaire devant devenir progressivement moins restrictive et la désinflation renforçant le pouvoir d’achat des ménages, les conditions de la demande intérieure devraient s’améliorer en 2027. La consommation privée devrait donc retrouver de la vigueur, tandis que la baisse des coûts de financement et l’amélioration de la confiance des entreprises favoriseraient une reprise plus généralisée des investissements. Cette normalisation de la demande intérieure, potentiellement renforcée par une orientation budgétaire plus favorable à l’approche du cycle électoral (prévu pour 2028 mais qui devrait se tenir courant 2027), devrait permettre une accélération de la croissance, même si le renforcement de la demande qui en résulterait pourrait compliquer de plus en plus la phase finale du processus de désinflation.

Au niveau sectoriel, l’industrie automobile devrait rester relativement résiliente, soutenue par les exportations et son intégration dans les chaînes d’approvisionnement européennes. L’activité devrait reprendre progressivement en 2027, à mesure que les conditions de financement s’assoupliront et que la demande intérieure se redressera. Les secteurs du textile et de l’habillement devraient rester sous pression en raison des coûts de main-d’œuvre élevés et de la concurrence des producteurs à moindre coût. Toutefois, la situation pourrait se stabiliser en 2027, en particulier dans les segments à forte valeur ajoutée. Le tourisme devrait rester relativement dynamique malgré les incertitudes géopolitiques et une compétitivité-prix affaiblie. Les perspectives du secteur devraient encore s’améliorer en 2027, à condition que les tensions régionales s’apaisent.

La tendance à la désinflation devrait se poursuivre, mais à un rythme relativement progressif. Cette amélioration restera dans un premier temps liée à l’affaiblissement de la demande, à une politique de crédit restrictive et à un effet de base favorable, tandis que l’inflation des services, en particulier celle des loyers et d’autres composantes à retard tel que l’éducation, devrait rester nettement plus rigide que celle des biens. Parallèlement, les perspectives d’inflation restent exposées à d’importants risques à la hausse liés aux prix de l’énergie et des denrées alimentaires, à l’évolution de la situation géopolitique et à la répercussion des taux de change. Dans ce contexte, nous prévoyons que la banque centrale maintiendra un cycle d’assouplissement prudent et dépendant des données, en privilégiant le maintien de taux réels suffisamment élevés plutôt que de procéder à des baisses rapides des taux nominaux. La marge de manœuvre pour un assouplissement monétaire devrait encore s’élargir en 2027, à mesure que l’inflation globale et sous-jacente se modéreront. Toutefois, compte tenu du renforcement probable de l’activité économique et d’une politique budgétaire potentiellement plus favorable à l’approche des élections, la banque centrale devra calibrer avec soin le rythme des baisses afin d’éviter qu’une reprise précoce du crédit et de la consommation ne compromette le processus de désinflation.

Une politique budgétaire peut-être légèrement plus souple à l'approche des élections, et une réduction du déficit extérieur

La situation budgétaire de la Turquie devrait s’améliorer progressivement, même si cet ajustement ne devrait pas suivre une courbe linéaire. La normalisation des dépenses de reconstruction liées au séisme (estimées à environ 91 milliards de dollars entre 2023 et 2025), la vigueur persistante des recettes fiscales nominales (en hausse de 40 % en glissement annuel entre janvier et juillet 2026) et une plus grande discipline en matière de dépenses devraient soutenir l’assainissement budgétaire. Dans le même temps, le niveau élevé des charges d’intérêts (environ 15 % des dépenses totales), les ajustements des salaires et des retraites du secteur public, ainsi que d’autres engagements en matière de dépenses sociales, devraient limiter le rythme de cette amélioration. À mesure que l’inflation s’atténuera, l’effet favorable de l’inflation élevée sur les recettes fiscales nominales s’estompera progressivement, rendant d’autant plus importants un contrôle plus strict des dépenses courantes de l’État et une amélioration de l’efficacité des dépenses pour pérenniser l’assainissement budgétaire. En outre, la politique budgétaire pourrait devenir moins restrictive à l’approche des élections, les élections présidentielles et législatives étant actuellement prévues pour 2028, voire plus tôt. Dans l’ensemble, le poids relativement faible et stable de la dette publique constitue un tampon important et place la Turquie dans une position comparativement favorable parmi les économies émergentes. Toutefois, alors que la politique monétaire devrait s’assouplir et que la demande intérieure devrait se redresser, il restera important de maintenir une orientation budgétaire suffisamment restrictive, notamment pour veiller à ce que la politique budgétaire ne vienne pas contrecarrer le processus de désinflation.

La balance extérieure devrait rester plus solide que lors des précédentes phases de croissance tirée par la demande intérieure. Le resserrement des conditions financières et le rythme encore modéré de la consommation privée devraient continuer à freiner la demande d’importations à court terme, tandis que le tourisme (10 % du PIB) et les recettes provenant d’autres services constituent une source importante de recettes en devises. La balance énergétique (les importations nettes d’énergie se sont établies à environ 3 % du PIB en 2025) restera un facteur déterminant pour les perspectives, rendant le compte courant sensible à l’évolution des cours mondiaux du pétrole et du gaz naturel. Dans le sillage de la désinflation et de l’assouplissement de la politique monétaire, la reprise de la consommation privée et de l’investissement devrait générer une demande plus forte d’importations de biens de consommation et d’équipements (respectivement 18 % et 15 % du total des importations en 2025). Néanmoins, la poursuite de la croissance des exportations, le tourisme et une composition plus équilibrée de la croissance (moins dépendante du crédit et moins orientée vers les importations) devraient permettre au solde courant de s’améliorer encore malgré l’accélération de l’activité économique. Cela représenterait une amélioration qualitative importante du profil de croissance de la Turquie, réduisant ses besoins de financement extérieur et sa vulnérabilité aux fluctuations de l’appétit pour le risque à l’échelle mondiale. La pérennité de cet ajustement dépendra en fin de compte du maintien de la compétitivité et de l’augmentation de la part des financements à long terme, en particulier des investissements directs étrangers, tandis que la poursuite de la constitution de réserves internationales constituerait un rempart supplémentaire contre les chocs extérieurs. L’amélioration du compte courant devrait faciliter cette accumulation. Cette tendance est déjà manifeste, le total des réserves internationales ayant grimpé à 178,4 milliards de dollars (environ 110 % de l’encours de la dette extérieure à court terme de la Turquie) et les réserves nettes hors swaps atteignant 50,6 milliards de dollars en août 2026, principalement grâce à de nouveaux achats de devises par la banque centrale et à la hausse des cours mondiaux de l’or.

Un rôle diplomatique croissant dans une région instable, l'attention nationale tournée vers les élections

La position géopolitique de la Turquie présente à la fois des opportunités et des risques importants. Sa situation stratégique, son adhésion à l’OTAN et ses liens économiques avec l’Afrique, l’Asie centrale, l’Europe et le Moyen-Orient ont renforcé son importance dans un contexte de fragmentation mondiale croissante. L’amélioration des relations avec l’UE, qui passerait notamment par des progrès dans la modernisation de l’union douanière (l’agriculture et les services en sont exclus, mais la Turquie doit s’aligner sur les accords de libre-échange de l’UE) et par un renforcement de la coopération en matière de défense et dans le secteur industriel, favoriserait les exportations et les investissements directs étrangers. La capacité de la Turquie à entretenir de bonnes relations avec les États-Unis, l’UE, la Russie, l’Ukraine et les pays du Golfe renforce son rôle de plaque tournante régionale dans les domaines du commerce, de l’énergie et de la diplomatie. Dans le même temps, son voisinage immédiat constitue un risque géopolitique majeur. La stabilisation et la reconstruction en Syrie pourraient créer des opportunités pour les entreprises turques des secteurs de la construction, du commerce et des infrastructures. Toutefois, une recrudescence des tensions dans la région pourrait accroître l’instabilité. Un conflit prolongé et étendu, entraînant une perturbation des flux énergétiques régionaux, serait particulièrement préjudiciable à la Turquie en raison de la hausse des coûts d’importation d’énergie, d’un ralentissement du tourisme, d’un creusement du déficit courant, d’une reprise de l’inflation et de pressions sur la monnaie.

L'évolution de la situation politique intérieure devrait rester une source importante d'incertitude en 2026-2027, d'autant plus que l'attention se portera progressivement sur les prochaines élections présidentielles et législatives, actuellement prévues pour 2028. Toutefois, un scrutin anticipé ne peut être exclu. Une telle décision nécessiterait une majorité des trois cinquièmes au Parlement, ce qui signifie que la coalition au pouvoir aurait besoin du soutien de forces extérieures à son bloc parlementaire actuel.

Conditions de Paiement et Moyens de Recouvrement

Cette rubrique est un véritable outil pour le directeur financier ou le credit manager dans l'entreprise. Elle informe sur les moyens de paiement à utiliser et sur la façon de mener des actions de recouvrement.

Paiement

Les instruments traditionnels de paiement par crédit sont encore couramment utilisés sur le marché intérieur turc, car ils servent souvent d'instruments négociables. C'est le cas des billets à ordre, solution régulièrement utilisée par les PME pour les transactions commerciales. De même, les chèques postdatés servent à la fois de titre de paiement et d'instrument de crédit. Les chèques circulent sur le marché intérieur en tant qu'instruments négociables jusqu'à leur date d'échéance. Une modification, entrée en vigueur le 15 juillet 2016, impose une amende punitive à la personne responsable d'un « chèque refusé ». Si l'amende n'est pas payée, la mesure punitive peut être transformée en une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 1 500 jours. Dans de tels cas, ni le règlement ni le paiement anticipé ne sont exécutés. De plus, le tireur d'un chèque non honoré se voit interdire par la suite de tirer des chèques ou d'ouvrir un compte chèque. Après paiement du montant du chèque ou 10 ans après la décision de justice, l'interdiction est levée. Si les banques sont désormais tenues de faire preuve d'une plus grande vigilance à l'égard du profil de leurs clients, la loi prévoit également des sanctions financières importantes, payables par le tireur du chèque en cas de non-paiement.

Le réseau électronique SWIFT est bien établi dans les milieux bancaires turcs et constitue l'instrument le plus utilisé pour les paiements internationaux. 

Recouvrement des créances

PHASE AMIABLE

Les procédures amiables, qui impliquent l'envoi d'une mise en demeure suivie d'appels téléphoniques répétés, restent une méthode relativement efficace. Les visites sur place peuvent également ouvrir la voie au rétablissement de la communication entre les fournisseurs et les clients, augmentant ainsi les chances de réussite des négociations. Le code de procédure civile prévoit expressément que le juge peut, à tout moment au cours d'une action en justice, encourager le règlement amiable du litige, à condition qu'il résulte d'une volonté réelle des parties de rechercher un règlement amiable par une transaction négociée.

La loi sur la médiation dans les litiges civils stipule que la médiation ne s'applique qu'à la résolution des conflits de droit privé découlant d'actes ou de transactions des parties intéressées qui ont la capacité de régler de tels conflits. Les parties sont libres de s'adresser à un médiateur à tout moment, afin de poursuivre, finaliser ou abandonner le processus.

Selon la solvabilité du débiteur, les modalités de l'opération peuvent aller du paiement intégral au remboursement par versements échelonnés en passant par un paiement partiel à titre de règlement final. En l'absence d'un règlement volontaire, la menace d'une demande de mise en faillite (iflâs) est une tactique fréquemment employée pour obtenir une réponse du débiteur et l'inciter à payer ses arriérés.

Procédure judiciaire

Procédure d’exécution des dettes via un organe administratif

Les instruments négociables, tels que les lettres de change, les billets à ordre et les chèques, permettent aux créanciers (sans obtenir de décision préalable) de s'adresser directement au bureau d'exécution (Icra Dairesi) pour signifier au débiteur une injonction de payer. Ils peuvent alors, si nécessaire, procéder à la saisie des biens du débiteur. La saisie est un processus qui commence par le dépôt d'une injonction de payer, qui est ensuite signifiée au débiteur. S'il n'y a pas d'objection à la décision, les actifs du débiteur sont liquidés pour couvrir les créances. Si la décision n'est pas acceptée par le débiteur, celui-ci a la possibilité de demander que le créancier prouve la créance devant le tribunal. Le débiteur dispose d'un délai de 10 jours pour régler les arriérés en question, ou de cinq jours pour s'adresser à la juridiction d'exécution et s'opposer au paiement au motif, par exemple, que la signature sur l'acte n'est pas la sienne ou que la dette n'existe plus.

Si le créancier décide de signifier au débiteur une injonction de payer alors qu'il ne détient pas d'instruments négociables, tels que des lettres de change, des billets à ordre et des chèques, le débiteur peut s'opposer à l'injonction de payer dans les 7 jours suivant sa réception. Cette opposition suspend la procédure d'exécution jusqu'à ce que le créancier introduise et gagne une action en annulation de l'opposition concernant sa créance. Avec le règlement qui est entré en vigueur le 1.1.2019 la demande au médiateur est devenue une condition préalable pour les affaires qui sont introduites contre les demandes de paiement d'une certaine somme d'argent et de compensation. Par conséquent, pour que le créancier puisse introduire le recours en annulation de l'opposition et reprendre la procédure d'exécution, il doit d'abord s'adresser au médiateur.

Si l'opposition est jugée abusive, le débiteur est passible de lourdes sanctions.

Procédure contentieuse devant un tribunal

En cas d'échec des procédures pré-juridiques de recouvrement de la créance auprès du partenaire/fournisseur, une action en justice peut être intentée contre le débiteur devant les tribunaux de commerce. Le tribunal de commerce (asliye ticaret mahkemeleri), qui est une chambre spécialisée du tribunal de première instance, est compétent pour entendre les litiges commerciaux et les procédures de faillite. Dans les cas où la validité de la demande est contestée, le seul recours est d'engager une procédure ordinaire, par voie de citation à comparaître devant le tribunal.

Si la Turquie n'a pas signé de traité bilatéral ou de traité de réciprocité avec le pays du demandeur, ce dernier est tenu de constituer un cautionnement, judicatum solvi, auprès du tribunal local compétent. Ce montant représente environ 15 % de la demande. Il en va de même pour les demandeurs turcs qui n'ont pas de résidence permanente en Turquie. À l'issue de la procédure contentieuse, le dépôt de garantie est remboursé au créancier par le tribunal.

Le demandeur est également tenu de verser un quart des frais de justice, qui sont proportionnels au montant de la demande, à l'ouverture de la procédure. En outre, des documents notariés doivent être présentés au tribunal.

La procédure ordinaire est organisée en trois phases. La première consiste en des exposés de position de chaque partie (une requête et une défense). Dans la deuxième phase, plus longue, le tribunal enquête sur l'affaire et examine la pertinence des éléments de preuve présentés, afin de déterminer s'ils sont concluants ou discrétionnaires. Enfin, lors de l'audience principale qui constitue la troisième phase, le tribunal entend les deux parties et leurs avocats avant de rendre une décision.

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Exécution d’une décision de justice

Toute décision de justice peut être exécutée par l'intermédiaire des bureaux/officiers chargés de l'exécution et de la faillite, si la personne qui fait l'objet d'une décision de justice ne l'exécute pas volontairement à temps. L'exécution diffère légèrement selon le type de dette, mais elle ressemble généralement à la procédure d'exécution de la dette. Toutefois, contrairement à la procédure d'exécution forcée, l'opposition à l'exécution d'une décision de justice est une situation exceptionnelle.

Si la Turquie n'a pas signé de traité bilatéral ou de traité de réciprocité avec le pays du demandeur, ce dernier est tenu de constituer un cautionnement, judicatum solvi, auprès du tribunal local compétent. Ce montant représente environ 15 % de la demande. Il en va de même pour les demandeurs turcs qui n'ont pas de résidence permanente en Turquie. À l'issue de la procédure contentieuse, le dépôt de garantie est remboursé au créancier par le tribunal.

Procédure d’insolvabilité

COMPOSITION

 Le débiteur soumis à la faillite peut demander une proposition de concordat (konkordato projesi). Si la proposition paraît viable au tribunal de commerce, celui-ci impose un moratoire et nomme un commissaire au concordat (konkordato komiseri) pour examiner les affaires du débiteur. La forme de proposition la plus courante est celle d'un remboursement total ou partiel sur une certaine période. Toutefois, une proposition peut également prendre la forme d'une cession de tout ou partie des biens du débiteur en règlement des créances des créanciers.  Si la proposition n'est pas approuvée, une ordonnance de faillite peut être rendue.

RÉORGANISATION

 Le débiteur désignera tout ou partie de ses actifs pour ses créanciers, proposera que ces actifs soient vendus (ou transférés à des tiers) et que le produit de la vente soit distribué aux créanciers. Un débiteur désireux de se restructurer (ou un créancier ayant le droit d'engager une procédure de faillite) peut s'adresser au tribunal d'exécution compétent avec un projet de redressement. Si le tribunal d'exécution détermine que le projet a des chances d'aboutir, il ordonnera une assemblée des créanciers pour décider s'ils acceptent le projet de redressement. S'il est approuvé, le projet sera ensuite soumis au tribunal pour approbation. Si le tribunal juge que la réorganisation sera plus lucrative que la faillite, il approuvera le projet.

REDRESSEMENT

Une entreprise débitrice confrontée à des difficultés financières ou à un risque imminent d'insolvabilité a le droit de demander au tribunal de commerce l'approbation d'un projet de restructuration préalablement approuvé par le quorum requis des créanciers concernés par celui-ci (créanciers douteux).

Les nouvelles dispositions de la EBC (Enforcement and Bankruptcy Code) encouragent le débiteur et son créancier à conclure un accord volontaire pour réhabiliter l'entreprise en difficulté mais toujours viable. Le contenu de la proposition entre en vigueur après son acceptation par les créanciers et son approbation par le tribunal. Toutefois, les créanciers ont le droit de demander une mesure de redressement au tribunal si le débiteur ne remplit pas ses obligations au titre du projet. Le tribunal a le droit de déclarer le débiteur en faillite à la suite de tout manquement. La restructuration n'est disponible que pour les entreprises et les coopératives, à l'exception des banques et des compagnies d'assurance.

FAILLITE

Faillite ordinaire

Le créancier entame cette forme de procédure en demandant au bureau d'exécution de signifier au débiteur un ordre de paiement d'une dette due. Le débiteur dispose d'un délai de sept jours après la signification pour contester la dette ou payer. Si le débiteur ne paie pas ou conteste la dette, le créancier peut demander au tribunal de commerce une ordonnance de faillite, que le tribunal accordera généralement.

Dernière mise à jour : 20/082026