études économiques
Malte

Malte

Population 0,5 million
PIB par habitant 28 955 $US
A3
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 5,7 -8,3 5,7 6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,5 0,8 0,7 2,0
Solde public / PIB (%) 0,4 -10,0 -11,6 -6,0
Solde courant / PIB (%) 7,7 1,6 0,4 2,0
Dette publique / PIB (%) 40,6 53,3 63,0 65,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Importante plaque tournante du transbordement en Méditerranée, à mi-chemin du canal de Suez et de Gibraltar
  • Dette publique détenue par les résidents
  • Pôle technologique émergent (jeux d’argent en ligne, Blockchain, I.A.)
  • Main-d’œuvre productive, anglophone, en augmentation et à revenus élevés, faible imposition

POINTS FAIBLES

  • Dépendance au tourisme
  • Importance des flux financiers entrants/sortants (financement offshore, industrie des jeux d’argent en ligne, programme de citoyenneté par l’investissement) donnant prise à la criminalité financière
  • Mauvaise infrastructure routière
  • Insuffisances dans l’enseignement supérieur ; pénurie de main-d’œuvre hautement qualifiée
  • Lenteur du système judiciaire ; clientélisme et corruption
  • Le pays est placé sur la liste grise par la GAFI, ce qui peut nuire à la compétitivité de son secteur financier si le statut est maintenu

Appréciation du risque

Continuité du rebond économique en 2022

En 2022, Malte poursuivra sa reprise économique entamée en 2021. Le pays avait été considérablement impacté par la pandémie, et son économie s’était contractée en 2020 avec la chute du tourisme. Sans le soutien des services en ligne (paris, informatique, finance), ainsi que de l’industrie pharmaceutique et électronique, le recul aurait été plus massif encore. Nonobstant, Malte continue à subir les effets de la pandémie, et son niveau de PIB de 2019 ne devrait être retrouvé que tardivement en 2022. Le secteur du tourisme en particulier (16% du PIB et 22% de l’emploi en 2019), reste ralenti en raison de la faible mobilité des personnes et du maintien des restrictions internationales. Néanmoins, la rapide progression de la campagne de vaccination (82% de population couverte en décembre 2021), avec un improbable recours aux restrictions locales à la mobilité, joue en faveur de l’expansion de la consommation et de l’investissement privé, notamment résidentiel. Par ailleurs, le faible taux de chômage (3.6%) favorise son essor. Enfin, malgré le retour de la croissance, l’inflation reste bien en dessous de la moyenne européenne.

 

Si le pays souffre de l’interruption partielle, et temporaire, de l’afflux de la main d’œuvre qualifiée étrangère, à long terme, Malte continuera de l’attirer, ainsi que les investissements, car elle présente des fondamentaux favorables à l’industrie technologique. Malte a été l’une des premières juridictions au monde à mettre en place un cadre juridique spécialisé pour les jeux en ligne (poker virtuel, jeux de casino, paris sportifs) et la gestion de bases de données. Le gouvernement suit une stratégie similaire dans les activités liées à la technologie de la Blockchain (chaîne de blocs) appliquée aux actifs financiers virtuels (crypto actifs, en particulier) et à l’intelligence artificielle. Avec le retour, même timide, des touristes et le dynamisme non démenti des services, le commerce extérieur devrait significativement contribuer à la croissance en 2022.

 

La menace d’une baisse des recettes budgétaires

Comme la plupart des pays européens, Malte a déployé des mesures de soutien budgétaire sans précédent (4.5% du PIB en 2021) pour protéger le secteur privé des retombées économiques de la pandémie. Ces dépenses exceptionnelles ont creusé un considérable déficit budgétaire , mais sur une situation budgétaire confortable, Le retrait progressif de ces mesures et la normalisation de la politique budgétaire auront pour effet de réduire ce déficit en 2022. Toutefois, le pays pourrait voir, à l’avenir, ses recettes fiscales diminuer, et ce pour plusieurs raisons. D’une part, le pays est dépendant des recettes tirées de l’impôt sur les sociétés, alors même que l’introduction d’un minimum d’imposition mondiale (15%) pourrait mener à une détérioration de la compétitivité du pays en la matière. D’autre part, la remise en cause par l’UE du programme de citoyenneté par investissement («Malta Individual Investor Program», MIIP) constitue, elle aussi, une source d’inquiétude. Le MIIP a contribué à réduire la charge de la dette publique du pays en augmentant le PIB de 1 à 2 % par an entre 2013 et 2020. Ces évolutions soulignent la nécessité du pays à mener des réformes fiscales. En raison de la dégradation du solde budgétaire avec la crise, la dette publique a crû, mais elle devrait s’amoindrir à moyen terme.

 

Le compte courant, traditionnellement fortement excédentaire, s’est considérablement réduit avec la pandémie qui a fait chuter les recettes touristiques. Du coup, elles ont peiné à compenser le déficit des échanges de marchandises, accru par la montée des prix de l’énergie et des produits alimentaires, ainsi que les sommes rapatriées par les investisseurs étrangers. Néanmoins, la normalisation progressive du tourisme devrait permettre sa remontée en 2022.

 

Le parti au pouvoir, secoué par des scandales, tente de redorer son blason

Bien qu’il dispose toujours d’une confortable majorité au sein de la législature (37 sièges sur 67), le Parti travailliste, au pouvoir depuis 2013, doit relever le défi de prendre ses distances avec le gouvernement de son ancien chef, Joseph Muscat, secoué par des scandales. Des membres de son cabinet ayant été impliqués dans l’assassinat, en 2017, de la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia, Muscat a démissionné en janvier 2020 et été remplacé par le nouveau dirigeant élu du parti, Robert Abela. Alors que celui-ci s’est efforcé de distinguer son gouvernement de celui de Muscat, l’enquête Caruana a continué à soulever des problèmes de transparence et de gouvernance impliquant l’élite du LP. Cela a conduit à un remaniement ministériel en novembre 2020.

Les prochaines élections législatives se tiendront en mai 2022, et le Parti travailliste semble toujours en tête dans les intentions de vote, devant le parti d’opposition nationaliste (PN).

 

La Commission européenne a engagé une procédure d’infraction contre le Programme de citoyenneté par investissement dans le cadre de sa lutte contre le blanchiment d’argent. Le MIIP sera probablement remplacé par un programme de résidence par investissement mettant en œuvre des normes de transparence beaucoup plus strictes. Le pays a, d’ailleurs, été placé en juin 2021 dans sa liste grise par le Groupe d’action financière en raison du manque de transparence en matière de propriété, ainsi du manque de collaboration dans la lutte contre l’évasion fiscale.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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