Bangladesh

Asie

PIB / Habitant ($)
2 651,7 $
Population (en 2021)
170,3 Millions

Evaluation

Risque Pays
D
Climat des affaires
C
Précédemment
D
Précédemment
C

suggestions

Résumé

Points forts

  • Secteur de l'habillement compétitif
  • Importants envois de fonds des travailleurs expatriés, principalement dans les États du Golfe (CCG)
  • L'aide internationale couvre les besoins de financement
  • Niveau modéré de la dette publique grâce à une croissance vigoureuse
  • Démographie favorable
  • Amélioration de l'inclusion financière grâce à la microfinance et aux services mobiles

Points faibles

  • Economie peu diversifiée, dépendance au secteur textile
  • Vulnérabilité à l’évolution du CCG pour les remises, et à l’UE pour les exportations
  • Très faible revenu par habitant et faible participation des femmes à la population active
  • Manque de travailleurs qualifiés
  • Tensions politiques, religieuses, et sociales fortes et récurrentes
  • Climat des affaires inadéquat ; manque d'infrastructures décourageant les investissements étrangers
  • Vulnérabilité météorologique : les catastrophes naturelles récurrentes provoquent des dégâts importants et des pertes de récoltes
  • Fragilité du secteur bancaire (niveau élevé de prêts non productifs, faible rentabilité et capitalisation)
  • Recettes publiques très faibles (moins de 8% du PIB lors de l’exercice fiscal 2025)

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Europe
36%
États-Unis d'Amérique
18%
Royaume-Uni
10%
Inde
4%
Pologne
4%

Import des biens en % du total

Chine 26 %
26%
Inde 14 %
14%
Indonésie 6 %
6%
Malaisie 4 %
4%
Europe 4 %
4%

Perspectives

Les perspectives économiques mettent en lumière les opportunités et les risques à venir, aidant à anticiper les changements majeurs. Cette analyse est essentielle pour toute entreprise cherchant à s'adapter aux évolutions du marché.

Reprise progressive et fragile de la croissance

Après trois années budgétaires marquées par l’inflation soutenue, les troubles politiques et sociaux, et le ralentissement de la croissance, l’économie bangladaise se redresse progressivement. Bien que le contexte politique et social reste fragile, la consommation privée (70% du PIB) devrait bénéficier de mesures de soutien aux ménages en 2026, ainsi que de robustes flux de remise (6% du PIB en 2024), provenant notamment des pays du Golfe (43% du total) et des Etats-Unis (16%). En outre, après avoir atteint des niveaux d’inflation inédits depuis plus de 10 ans, sous l'effet conjugué d'une dépréciation significative du taka et d'une augmentation des prix de l'énergie, l’inflation a ralenti en 2025. Ce ralentissement doit notamment à la moindre dépréciation de la monnaie, aidée par l’adoption d’un régime de change à parité glissante en mai 2024. L’ajustement de taxes à l’importation a également permis de contenir l’inflation importée. Bien que toujours rapide, l’inflation s’est établie à 9% sur les 8 premiers mois de 2025, un point de percentage en dessous de la même période de l’année précédente. La modération des prix mondiaux de l’énergie, et la poursuite de mesures en faveur du pouvoir d’achat, telles que les subventions à l’achat d’engrais, limitant les coûts agricoles, devraient contenir les tensions inflationnistes.

La reprise devrait également concerner les exportations, mises à mal en 2023 et 2024 par les troubles sociaux ayant perturbé l’activité industrielle du pays. Composées à 80% de vêtements, elles continuent de bénéficier de l’avantage comparatif du Bangladesh en matière de coût de main-d’œuvre. Toutefois, cette compétitivité, soutenue par le large bassin de population jeune, est mise à l’épreuve depuis l’instauration, depuis août 2025, de droits de douane de 20 % sur les exportations vers les États-Unis. Par ailleurs, la perte annoncée de son statut de « pays le moins avancé » d’ici novembre 2026, ainsi que la suppression progressive des subventions dans le secteur de l’habillement, exigée pour se conformer aux règles de l’Organisation mondiale du commerce, mettent en lumière les défis à venir en matière de compétitivité.

Face à la moindre dépréciation du taka et au ralentissement de l’inflation, la banque centrale pourrait assouplir légèrement sa politique monétaire en 2026, après avoir relevé ses taux d'intérêt à cinq reprises au cours de l’année civile 2024. Cette décision pourrait soutenir une reprise de l'investissement privé. Toutefois, l’incertitude politique et la vulnérabilité du système bancaire devraient affaiblir l’accroissement des investissements. Les banques bangladaises, sous-capitalisée, font face à un taux de prêts non performants (NPL) bien plus élevé que dans les pays voisins. Il s’élevait à 24,1 % en mars 2025, alors que la moyenne des banques sud-asiatiques, qui s’établissait à 7,9 %.

Stabilisation du déficit public et pression limitée sur les réserves de change

Dans son budget pour l'exercice 2026 (se terminant en juin 2026), le gouvernement a proposé une enveloppe de dépenses totales en baisse par rapport au budget voté l’année précédente. Toutefois, cette enveloppe reste en hausse de 6,2 % par rapport aux dépenses effectivement réalisées, qui s’étaient révélées inférieures aux prévisions, une fois l’exercice de 2025 révisé. Bien que les services publics (24% des dépenses totales) et le paiement des intérêts (15%) constituent les deux principaux postes de dépenses, l’accent reste fortement mis sur l’éducation (14%) et la construction d’infrastructure de transport (9%). Du côté des recettes, la reprise économique devrait soutenir la collecte fiscale, qui représenterait 63 % des recettes totales. Le budget anticipe une hausse de 8,9 % des recettes fiscales, permettant une réduction du déficit budgétaire. Néanmoins, cette prévision repose sur des hypothèses de croissance légèrement trop optimistes. Ainsi, une trajectoire de stabilisation du déficit public (en % du PIB) parait plus probable. A l’image de la composition de sa dette, le gouvernement planifie d'emprunter principalement auprès de sources nationales (57 % du financement total du déficit). Les risques liés à la dette publique externe, après avoir augmenté entre 2022 à 2024, du fait du tarissement des réserves de change en lien avec l’augmentation du prix des matières premières importées et la dépréciation du taka, se réduisent. Les réserves équivalaient à 31,4 milliards de dollars en septembre 2025, en hausse de 26% par rapport à l’année passée. Elles représentaient ainsi 4,2 mois d’importations (en se basant sur les importations du 1er semestre de l’année civile 2025).

Le solde courant était très légèrement positif (149 millions de dollars) sur l’année fiscale 2025, le premier en 8 ans. Les revenus secondaires en hausse, alimentés par envois de fonds des expatriés (+26,8% en dollars), ont recouvert le déficit commercial en baisse, lié à la meilleure performance des exportations (+7,7%). Le solde courant devrait revenir en léger déficit en 2026. La normalisation de la consommation privée, couplée à l’assouplissement des restrictions à l’importation, mises en place en 2024, dans un contexte de pénurie de devises, devraient soutenir la croissance des importations, creusant le déficit commercial. Ce dernier est structurel, le Bangladesh étant traditionnellement dépendant des imports pour des biens essentiels à son économie, comme l’énergie, les fibres et tissus textiles, ou certains biens alimentaires (blé, sucre, etc.). De plus, les remises, bien que toujours importantes, pourraient subir le ralentissement des Etats-Unis, une source importante. Toutefois, le déficit sera financé par l’aide internationale et les IDE. Ceci limitera la pression sur les réserves de change, qui restent limitées.

Un contexte politique et social tendu et incertain

A la suite de violentes manifestations, Sheikh Hasina, représentante de la Ligue Awami (AL), a mis un terme à son cinquième mandat de Première ministre du Bangladesh en août 2024. Le mouvement de contestation, déclenché par l’annulation d’une réforme du système de quotas dans l’emploi public, s’est propagé dans un contexte politique et social déjà tendu. Le principal parti d'opposition, le Bangladesh Nationalist Party (BNP), avait boycotté les élections de janvier 2024. Lors de celles-ci, l'AL avait remporté 271 des 350 sièges parlementaires, et la participation avait été très faible, officiellement de 40 % contre 80 % en 2018, bien que ce chiffre pourrait être en vérité encore plus faible. Le BNP avait alors dénoncé l'élection comme étant frauduleuse et rejeté les résultats, contribuant aux tensions.

Face à la démission de sa première ministre, le président Mohammed Shahabuddin nomma Muhammad Yunus, lauréat du prix Nobel de la paix en 2006, à la tête d'un gouvernement intérimaire chargé de restaurer la stabilité et de préparer de nouvelles élections afin de reconstituer un Parlement. Ce dernier avait été dissout par le Président à la suite de la démission de Sheikh Hasina. Toutefois, ce gouvernement fait face à un climat politique tendu, marqué par des dissensions entre les partis politiques, une défiance de la population, et des difficultés à maintenir l’ordre public. En octobre 2025, de nouvelles manifestations ont éclaté, cette fois en réaction à la proposition de charte démocratique. Cette dernière fut ensuite signée par 25 partis politiques, à l’exclusion notable d’un parti récemment fondé par des étudiants, figures de proue du mouvement de protestation de 2024. Ce contexte fragile, ainsi que la perspective d’une élection en 2026 à laquelle il est peu probable que l’AL puisse participer, alimente le sentiment d’incertitude. De plus, ce contexte politique entrave la mise en place de réformes économiques et de gouvernance, et pèse sur la confiance des investisseurs. Ainsi, bien que le flux net d’Investissement Direct Etranger (IDE) ait rebondi dans l’année fiscale 2025 (+20% en glissement en annuel), il reste inférieur à l’année fiscale 2022, avant les troubles.

Sur le plan diplomatique, l’arrivée du gouvernement intérimaire a marqué le début d’un rééquilibrage stratégique des relations internationales, jusque-là largement centrées autour de l’Inde, deuxième source d’importations du pays (12 % du total). Les années de pouvoir de Mme Hasina avaient été marquées par un rapprochement avec New Delhi. Depuis la chute du gouvernement, les relations avec l’Inde, où l’ancienne Première Ministre s'est réfugiée, se sont détériorées. L’Inde a restreint ses importations de vêtements, de fruits, et de nourriture industrielle en provenance du Bangladesh à compter de mai 2025. Cette décision à la suite de la mesure similaire prise par l’administration bangladaise sur les produits indiens à base de laine. Dans une volonté de diversifier ses partenariats, le gouvernement par intérim s’est tourné vers d’autres partenaires, en particulier la Chine et le Pakistan, mais également l’Union Européenne et les Etats-Unis, qui sont ses principaux débouchés à l’exportation, en représentant respectivement 47% et 18%. Outre les négociations autour d’un accord commercial avec les Etats-Unis permettant de réduire le taux de droits douane appliqué sur les exportations bangladaises (établi à 20% au moment de la rédaction de cette note), Muhammad Yunus s’est dit tenir des discussions sur la gouvernance et les droits humains.

Dernière mise à jour : octobre 2025

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