Tchad

Afrique

PIB / Habitant ($)
982,4 $
Population (en 2021)
17,9 Millions

Evaluation

Risque Pays
D
Climat des affaires
E
Précédemment
D
Précédemment
E

suggestions

Résumé

Points forts

  • Réserves de productivité agricole et de terres arables, avec l’élevage, le coton, la gomme arabique et les oléagineux
  • Diverses ressources minérales, notamment or (10% des exportations) et pétrole (70% des exportations), ce dernier générateur majeur de devises et de recettes fiscales
  • Soutien financier international : FMI (Facilité Elargie de Crédit de 625 millions de dollar de juillet 2025 à juillet 2029), Banque mondiale et autres bailleurs multilatéraux et bilatéraux
  • Membre de de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC)
  • Franc CFA adossé à l’euro
  • Dette extérieure (52% de la dette totale en 2024) principalement concessionnelle

Points faibles

  • Extrême pauvreté généralisée (plus de 40% de la population en 2024), insécurité alimentaire répandue (11,8% de la population fin 2024) du fait de la faible productivité de l’agriculture (69% de l’emploi en 2023, principalement de subsistance), sous-emploi, informalité (88% de l’emploi), médiocrité des services publics et infrastructures
  • Enclavement, exposition au changement climatique avec inondations, sécheresse : le lac Tchad, jadis principale source d’eau pour l’irrigation, bien que stabilisé, n’a plus que 10% de sa taille des années 1960
  • Dépendance au secteur pétrolier (15% du PIB, 41% des recettes fiscales et 70% des exportations), vulnérabilité aux variations de prix du pétrole et de l’or
  • Faible transparence concernant l’exploitation, les exportations et les recettes de l’or, ce qui mine la crédibilité du gouvernement et l’investissement
  • Absence de contrôle des autorités sur de larges parts du territoire et les frontières favorisant l’informalité, le trafic d’or, d’armes, mais aussi d’individus, l’évasion fiscale, et l’absence de services publics
  • Proximité géographique et communautaire 1) avec un Soudan en proie à la guerre civile depuis avril 2023, provoquant un important afflux de réfugiés et perturbant le commerce transfrontalier, 2) avec une Libye écartelée entre deux gouvernements, favorisant la porosité de la frontière, la présence de groupes armés rebelles et les trafics
  • Fragilité politique : mainmise du pouvoir sur les institutions, répression de l’opposition, faible légitimité des dirigeants, groupes armés rebelles ou djihadistes, différends entre éleveurs et agriculteurs sur fonds ethnique
  • Stabilité financière fragile (sous-capitalisation, prêts non performants élevés, retard dans les normes prudentielles dans les banques publiques)

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Europe
37%
Émirats arabes unis
24%
Chine
17%
Taïwan (République de Chine)
11%
Turquie
3%

Import des biens en % du total

Chine 29 %
29%
Europe 20 %
20%
Cameroun 15 %
15%
Turquie 12 %
12%
Inde 5 %
5%

Perspectives

Les perspectives économiques mettent en lumière les opportunités et les risques à venir, aidant à anticiper les changements majeurs. Cette analyse est essentielle pour toute entreprise cherchant à s'adapter aux évolutions du marché.

Croissance modérée soutenue par les secteurs non pétroliers et l’investissement public

En 2025, la croissance ralentira légèrement, pénalisée par une baisse modeste de la production pétrolière. Elle restera toutefois soutenue par les services et l’agriculture. En 2026, une reprise modérée est attendue, portée par la relance de la production pétrolière et cotonnière, ainsi qu’une hausse des investissements publics. La production agricole (sorgho, millet, maïs, riz, arachides) devrait enregistrer une croissance modérée lors de la campagne 2025/26, même si celle de coton restera stable après sa baisse de 2024/25 due aux inondations. L’inauguration d’une nouvelle usine d’égrenage début 2025 (capacité de 18 200 tonnes par campagne), ainsi que les efforts d’industrialisation du secteur cotonnier, devraient soutenir la production, les exportations et les investissements à moyen terme. La production minière, essentiellement artisanale, poursuivra sa croissance en 2025 et 2026, portée par des cours élevés de l’or et l’expansion des capacités d’extraction. L’investissement, notamment dans l’agriculture et les infrastructures, contribuera également à la croissance, dans le cadre du plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ». Lancé mi-2025, ce plan prévoit 30 milliards de dollars d’investissements publics et privés, visant à augmenter le PIB de 60 %, sortir 2,5 millions de personnes de la pauvreté et faire du Tchad un modèle de développement régional d’ici 2030.

Cependant, les perspectives du secteur pétrolier restent incertaines. La nationalisation en 2023 des actifs d’ExxonMobil, empêchant leur vente à la société britannique Savannah Energy, a fragilisé la confiance des investisseurs. Savannah Energy poursuit le gouvernement tchadien en justice pour obtenir une compensation, avec un jugement attendu au premier semestre 2026. Cette affaire a conduit l’entreprise à abandonner ses projets d’énergie solaire (ajout de 500 MW de capacité), et envoie un signal négatif aux investisseurs étrangers, compliquant la conclusion de nouveaux accords pétroliers.

L’inflation devrait ralentir en 2025, grâce à la baisse des prix mondiaux du carburant, une bonne récolte agricole et la reconstitution des stocks de poissons dans le lac Tchad. Cette tendance devrait se poursuivre en 2026. En mars 2025, la Banque des États de l’Afrique centrale a abaissé son taux directeur de 5 % à 4,5 %, ce qui, combiné au recul de l’inflation et à l’afflux de réfugiés soudanais, devrait soutenir la consommation et l’investissement.

Tassement des revenus pétroliers et lourdes dépenses sécuritaires et humanitaires

Le déficit budgétaire devrait légèrement se réduire en 2025, grâce à une meilleure mobilisation des ressources (+20 % par rapport au budget 2024), alors que les dépenses n’augmenteraient que de 18 %. La hausse des recettes proviendra surtout des revenus non pétroliers, de la numérisation de leur collecte, et de l’introduction de nouveaux droits à l’exportation (gomme arabique, sésame, pistache, produits en cuir, antimoine, cuivre brut) dès mi-2025. En parallèle, les recettes pétrolières devraient reculer en raison de la baisse des prix mondiaux. Le gouvernement prévoit de simplifier la fiscalité, de réduire les exonérations, de renforcer le recouvrement des arriérés et de lutter contre la fraude. Ces réformes, encouragées par le FMI dans le cadre d’une Facilité Elargie de Crédit de 625 millions de dollar de juillet 2025 à juillet 2029, devraient continuer à porter leurs fruits en 2026. De fait, une hausse supplémentaire des recettes est attendue, grâce à de nouvelles taxes sur le tabac, les cosmétiques, les plastiques à usage unique et les textiles synthétiques. Malgré ces efforts, le déficit budgétaire risque de se creuser, en raison des dépenses sécuritaires et humanitaires, du service de la dette domestique (48% de la dette totale en 2024), et du tassement des revenus pétroliers. Les dépenses d’investissement devraient croître dans le cadre du Plan national de développement “Tchad Vision 2030”. Outre les contributions bilatérales et multilatérales, le déficit sera financé par appel au marché financier régional. Le ratio d’endettement augmentera en 2025 et 2026, en raison du déficit primaire persistant et de la croissance modérée. Le FMI juge la dette soutenable, mais souligne un risque élevé de surendettement, lié à la dépendance aux revenus pétroliers et au financement extérieur, tous deux vulnérables aux chocs externes.

En 2025, la balance courante devrait afficher un déficit en raison de la diminution de l’excédent commercial. Les exportations reculeront sous l’effet de la baisse des prix mondiaux du pétrole — qui représentait environ 70% du total en 2024 — et d’une chute de celles de coton (4ème produit exporté), liée à la faible production durant la campagne 2024/25. En 2026, les exportations de coton devraient se redresser grâce aux meilleures conditions climatiques et au soutien gouvernemental aux producteurs. La hausse des cours de l’or et l’expansion de sa production devraient également stimuler les ventes. Toutefois, ces améliorations risquent de ne pas suffire à stopper la dégradation de la balance commerciale et compenser la perte de l’USAID en 2025.

Le pouvoir est confronté aux mouvements rebelles et islamistes qui se nourrissent du mécontentement populaire et de la pauvreté

En avril 2021, Mahamat Déby est devenu président d’une administration militaire, à la suite du décès de son père, Idriss Déby, tué par des rebelles. À l’issue d’une longue transition, il a remporté l’élection présidentielle de mai 2024 avec 61,03 % des voix, et son parti, le Mouvement patriotique du salut, a obtenu la majorité parlementaire en décembre 2024 (124 sièges sur 188). Ces élections renforcent le pouvoir.

Le gouvernement contrôle les institutions et réprime l’opposition politique. La révision constitutionnelle adoptée en 2025 (mandat présidentiel porté de cinq à sept ans, suppression de la limite de mandats) renforce encore son emprise. Toutefois, le mécontentement populaire persiste, lié aux restrictions des libertés, à l’insécurité et à la crise humanitaire, mais les manifestations sont réprimées. La guerre civile au Soudan a provoqué l’afflux de plus de 1,4 million de réfugiés (août 2025), essentiellement soudanais. Ce mécontentement fait le lit des groupes rebelles et islamistes (Boko Haram, EI en Afrique de l’Ouest, Ansaru près du lac Tchad) qui restent actifs et défient le pouvoir.

Au plan international, les troupes françaises se sont retirées du Tchad en janvier 2025. Auparavant, une partie des troupes américaines a quitté le pays en avril 2024, bien que la coopération entre les Etats-Unis et le Tchad semble demeurer d’actualité. Le pays se tourne aussi vers de nouveaux partenaires, comme la Russie, qui a déployé des effectifs de la milice Africa Corps, l’Egypte, la Turquie et les EAU. Ces derniers ont accordé fin 2024 un prêt de 500 millions de dollars pour soutenir les finances publiques, complété par un accord de juillet 2025 visant à stimuler les investissements et les échanges commerciaux. Parallèlement, la Chine demeure un acteur clé : premier fournisseur du Tchad et deuxième client, elle achète principalement du pétrole. Le Tchad coopère diplomatiquement et militairement avec la Confédération des États du Sahel (CES), notamment dans la lutte contre les groupes islamistes et rebelles. Enfin, bien que le pays affiche une neutralité officielle dans le conflit soudanais, il est devenu un point de transit essentiel pour les livraisons d’armes en provenance des EAU à destination des Forces de soutien rapide (FSR) opposées au gouvernement de Khartoum. Les autorités veulent éviter un affrontement avec les FSR, soutenues par certaines communautés tchadiennes frontalières.

Dernière mise à jour : novembre 2025

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