La croissance demeure dépendante des dépenses publiques
En 2025, la croissance a été portée par la politique budgétaire expansionniste (hausse de l’investissement public dans les infrastructures de résilience climatique, routières et électriques, et augmentation des transferts aux vétérans et retraités), ainsi que par la croissance du crédit. Le ralentissement de l’inflation, favorisé par la baisse des prix mondiaux des denrées alimentaires (notamment le riz) et du carburant, ainsi que les robustes envois de fonds d’expatriés, ont soutenu la consommation privée.
En 2026, cette dynamique se poursuivra mais s’essoufflera légèrement sous l’effet d’une réduction des dépenses publiques récurrentes, notamment des transferts aux entreprises d’Etat, dans le cadre d’une amorce de consolidation budgétaire. L’extension de l’aéroport national, dont les travaux débuteront début 2026 pour s’achever en 2028, sera financée par la Banque asiatique de développement, le Japon, l’Australie et des fonds gouvernementaux. Le retrait de l’USAID (dont le Timor oriental était l’un des principaux bénéficiaires en Asie-Pacifique, à hauteur d’environ 1,2 % du PIB) aura un impact limité, l’aide américaine étant principalement destinée aux ONG, tandis que le gouvernement dispose de son propre budget pour le développement national. Une banque nationale de développement a par ailleurs été créée mi-2025.
Les exportations resteront faibles en raison de l’épuisement des hydrocarbures, qui représentaient environ 95 % des exportations du pays jusqu’en juin 2025, mois de fermeture du seul champ gazier opérationnel, Bayu-Undan. Dès lors, les exportations consisteront en du café aux cours élevés et aux grains de qualité. Les exportations nettes contribueront toujours très négativement à la croissance. L’impact des droits de douane américains (10 %) restera limité, les ventes vers les États-Unis ne comptant que pour 6,7 % des exportations totales en 2024.
Des déficits jumeaux abyssaux financés par le Fonds pétrolier
La baisse rapide de la production de gaz – puis son arrêt avec la fermeture du champ de Bayu-Undan – ont considérablement creusé le déficit public. Compte tenu de la possibilité d’augmenter les tirages sur le riche fonds souverain, les autorités ont opté pour le maintien de la dépense publique. Le déficit budgétaire est, alors, devenu abyssal. La faible taille et diversification de l’économie limitent les sources de financement Le manque de diversification économique réduit également les opportunités d’emploi, ce qui accroît la dépendance des ménages aux dépenses publiques.
En 2026, le déficit baissera légèrement grâce à une contraction des dépenses (-12,5 % par rapport au budget 2025), principalement via la baisse des transferts aux entreprises publiques et la mise en œuvre, dès janvier, de la retraite obligatoire à 65 ans pour les fonctionnaires afin de contenir la masse salariale. Les ressources seront principalement allouées à la santé, l’éducation, la protection sociale (16,3 % des dépenses) et les infrastructures essentielles (routes, ponts, électrification, assainissement, télécommunications). Le budget est majoritairement financé par le Fonds pétrolier (environ 86% des recettes). En ajoutant les sommes retirées du Fonds, le déficit public ne représenterait plus que 11% du PIB en 2026. A ces ressources s’ajoutent les revenus domestiques et les aides internationales (Banque asiatique de développement, Banque mondiale, JICA). Bien que les retraits du Fonds soient normalement plafonnés à 3 % des actifs – niveau correspondant au rendement espéré du Fonds –, des retraits excédentaires sont autorisés et exercés. Le solde du Fonds atteignait 939 % du PIB non pétrolier en 2024 (équivalent à 183 mois d’importations). Toutefois, l’arrêt de la production pétrolière et gazière, combinée à des retraits massifs pour financer les déficits, pourrait entraîner son épuisement d’ici la fin des années 2030. À cela s’ajoute la baisse des droits de douane liée à l’intégration à l’ASEAN, qui fragilise davantage les recettes. Le risque de surendettement reste toutefois jugé modéré par le FMI.
En 2025 et 2026, le compte courant restera profondément déficitaire, en raison d’un déficit commercial considérable (plus de 40% du PIB). La balance commerciale, qui bénéficiait des exportations de gaz jusqu’en 2022, affiche désormais un déficit béant après l’épuisement des réserves et la fermeture du champ Bayu-Undan en 2025, tandis que les importations sont restées soutenues par les projets d’infrastructures et les opérations de fermeture des gisements qui s’étalent sur ces deux années. La hausse des exportations de café ne suffira pas à compenser cette tendance. Le lent développement du tourisme entretiendra le déficit de la balance des services. En revanche, le compte de revenus secondaires demeurera robuste malgré le retrait de l’USAID, grâce aux envois de fonds des expatriés. Le déficit courant est principalement financé par les retraits du Fonds pétrolier.
Stabilité politique et intégration régionale croissante
Le Timor oriental, considéré comme l’un des États les plus démocratiques d’Asie du Sud-Est, jouit de la stabilité politique. José Ramos-Horta, déjà président entre 2007 et 2012, est revenu au pouvoir en 2022, après avoir remporté 62,1 % des voix au second tour face au candidat du FRETILIN. Lors des élections générales de mai 2023, son parti, le Congrès national pour la reconstruction du Timor (CNRT), a obtenu 31 sièges, contre 19 pour le FRETILIN, l’autre parti issu de la lutte pour l’indépendance. Ce résultat a permis au CNRT de former une coalition avec le Parti démocratique (PD), détenteur de 6 sièges. Cette alliance, déjà expérimentée par le passé, devrait perdurer. De plus, Mariano Sabino Lopes, chef du PD, occupe les fonctions de vice-Premier ministre et ministre du Développement rural, sous l’autorité du Premier ministre Xanana Gusmão. Avec une majorité parlementaire solide et une concordance politique entre la présidence et le gouvernement, ce dernier ne fait face à aucune opposition sérieuse. Des tensions ponctuelles pourraient survenir, comme les manifestations de septembre 2025 contre l’achat prévu de véhicules pour les parlementaires (projet finalement annulé), mais l’exécutif reste réceptif aux revendications populaires.
Le Timor oriental continuera d’entretenir des relations bilatérales étroites avec ses voisins. L’Indonésie, l’ancienne occupante, demeure sa première fournisseuse et sa troisième cliente. Les relations avec l’Australie ont été affectées par les désaccords avec Woodside Energy et Osaka Gas autour du projet Greater Sunrise. Le Timor oriental souhaite implanter l’usine de traitement sur son territoire pour développer une industrie chimique en aval, tandis que Woodside privilégie Darwin pour des raisons de coûts et d’infrastructures. La signature en novembre 2025 d’un accord pour un projet de GNL au Timor (capacité de 5 millions de tonnes par an, incluant une installation gazière et une unité d’extraction d’hélium) marque un progrès, mais la production ne devrait pas débuter avant les années 2030. L’Australie reste le principal bailleur bilatéral du pays.
Sur le plan régional, après son adhésion à l’OMC début 2024, le Timor oriental a franchi une étape majeure en devenant le 11? membre de l’ASEAN en octobre 2025, renforçant ainsi son intégration commerciale et financière. Le pays ambitionne d’organiser le premier sommet de l’organisation en 2029. Parallèlement, il cherche à diversifier ses partenariats internationaux, notamment via un partenariat stratégique global conclu avec la Chine en 2023.

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