études économiques
Sénégal

Sénégal

Population 16,7 millions
PIB par habitant 1 474 $US
B
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 4,4 1,5 5,1 5,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,0 2,5 2,1 2,3
Solde public / PIB (%)* -3,9 -6,4 -5,4 -4,8
Solde courant / PIB (%) -8,1 -10,7 -12,1 -11,6
Dette publique / PIB (%) 63,8 68,7 70,9 70,1

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus

POINTS FORTS

  • Solides antécédents en matière de stabilité politique
  • Une économie relativement diversifiée
  • Soutien des bailleurs de fonds internationaux dans le cadre du Plan Sénégal émergent, notamment du FMI avec son Instrument de coordination de la politique économique
  • Appartenance à la zone monétaire d’Afrique de l’ouest (UEMOA)
  • Progrès en termes de climat des affaires (score moyen, sauf pour la résolution de l’insolvabilité) et de gouvernance (même si la corruption persiste)
  • Importantes réserves de pétrole et de gaz naturel au large des côtes, ainsi que de nombreux autres minéraux (or, phosphate, platinoïdes, fer, baryte…)
  • Démographie dynamique

POINTS FAIBLES

  • Croissance et exportations dépendantes des aléas climatiques et de l’évolution des cours des produits de base (arachide, coton, horticulture, minéraux)
  • Importateur net d’énergie et de produits alimentaires
  • Insuffisances des infrastructures (énergie, transport)
  • Un endettement important
  • Pauvreté touchant la moitié de la population

Appréciation du risque

En attendant les hydrocarbures, l’investissement dynamise l’activité

Après le ralentissement consécutif à la pandémie de la COVID-19, l’activité a rebondi et devrait gagner en vigueur en 2022. Le risque associé à la pandémie restera élevé, car la vaccination progresse lentement, mais l'amélioration du taux d'inoculation devrait permettre d'éviter de nouvelles mesures strictes de confinement en 2022. Cela donnera l’impulsion pour une contribution accrue de la consommation privée à l’activité économique. L’agriculture, qui emploie directement 30 % de la population, devrait rester allante, portera aussi le revenu des ménages et leur consommation. Celle-ci bénéficiera également des remises d’expatriés (10 % du PIB) qui devraient rester dynamiques. En outre, l’investissement public, abondé par l’investissement privé, sera un moteur majeur de croissance. A l’approche du début de production commerciale, prévu pour 2023, le développement des projets d’hydrocarbures de Grand Tortue Ahmeyin (gaz, partagé avec la Mauritanie) et de Sangomar (pétrole) fera du secteur un récipiendaire majeur de l’investissement. L’agriculture, la pêche, le textile, les technologies de l’information, le tourisme, l’énergie (barrage hydroélectrique de Sambangalou) et les infrastructures de transport, à commencer par le développement du port en eaux profondes de Ndayane, présenteront également des opportunités pour les entreprises privées. De plus, le laboratoire allemand BioNTech devrait commencer la construction d’un site de production de vaccin contre la COVID-19 en milieu d’année. Les activités de construction resteront donc vigoureuses. Les exportations poursuivraient leur progression, portées, particulièrement, par l’exploitation aurifère, en plein essor. Les produits pétroliers, grâce à des prix favorables, mais aussi halieutiques, les acides phosphoriques, le ciment et l’arachide apporteront aussi leur écot aux recettes d’exportations. L’assouplissement des restrictions de voyage devraient également soutenir un rebond partiel de celles générées par le tourisme. Les importations de biens d’équipement et de carburant limiteront néanmoins la contribution nette des échanges à la croissance.

 

Larges déficits jumeaux avant le coup de pouce des recettes pétrolières et gazières

Après le pic enregistré en 2020, conséquence de la pandémie de la COVID-19, le déficit budgétaire s’est engagé sur une trajectoire descendante progressive vers la norme communautaire de l’UEMOA (3 % du PIB). En 2022, sa réduction sera principalement imputable à la hausse des revenus publics, accompagnée par la poursuite de la Stratégie de Recettes à Moyen Terme (SRMT). En attendant les recettes supplémentaires générées par l’exploitation des gisements d’hydrocarbures à partir de 2023, celle-ci vise à élargir l’assiette fiscale. Afin de maîtriser la dépense, l’orientation prioritaire vers les dépenses d’investissement continuera. La trajectoire ascendante de la dette, accentuée par la crise, reste une source de préoccupation. Ses intérêts absorberont 11 % des recettes internes prévues par la loi des finances 2022. Les autorités entendent donc privilégier l’endettement concessionnel et sur le marché financier régional pour en limiter la charge.

 
L’important déficit du compte courant est lié à celui de la balance des marchandises (supérieur à 10% du PIB), dû aux importations d’équipements nécessités par les projets, notamment gaziers. Sa légère amélioration, grâce à des exportations dynamiques, devrait participer à réduire le déficit courant en 2022. De plus, celui généré par les échanges de services devrait être atténué par la hausse des recettes touristiques. Les intérêts de la dette continueront de générer un déficit, plus marginal, du compte des revenus primaires. Les transferts des expatriés et, dans une moindre mesure, des partenaires internationaux, qui alimentent l’excédent du compte des revenus secondaires, tempèreront le large déficit courant. Les IDE dans les nombreux projets, particulièrement ceux de développement des hydrocarbures, participeront à financer le déficit courant, au côté des emprunts concessionnels. Le recours à la dette extérieure commerciale devrait ainsi être limitée.

 

Une situation politique stable mais les tensions couvent

Le scrutin présidentiel de 2019 a reconduit Macky Sall pour un second mandat. Depuis 2017, il dispose d’une large majorité parlementaire (125 sièges sur 165) dans le cadre de la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY). Son deuxième gouvernement depuis sa réélection, constitué en novembre 2020, s’est ouvert à sept personnalités de l’opposition, dont l’un de ses principaux adversaires à la présidentielle, Idrissa Seck. Le gouvernement restera confronté au mécontentement généré par le chômage élevé, particulièrement chez les jeunes urbains, la prévalence de la pauvreté, et la perception d’inégalités croissantes. L’insatisfaction à son égard a été particulièrement mise en évidence par les manifestations violentes de mars 2021, déclenchées par l'arrestation d'Ousmane Sonko, un dirigeant de l'opposition, et alimentées par ces conditions sociales sous-jacentes. La question controversée d’un troisième mandat consécutif pour Macky Sall constituera aussi un facteur potentiel de tensions à l’approche de l’élection présidentielle de 2024. Celles, législatives, prévues pour juillet 2022, pourraient les faire de nouveau émerger. Néanmoins, si elle pourrait perdre des sièges, BBY, bénéficiant encore de larges soutiens, particulièrement en zone rurale, devrait être en mesure de conserver sa majorité, assurant une certaine stabilité politique.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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