Koweït

Moyen-Orient, Asie

PIB / Habitant ($)
33321,3 $
Population (en 2021)
4,9 Millions

Evaluation

Risque Pays
A4
Climat des affaires
A3
Précédemment
A4
Précédemment
A3

suggestions

Résumé

Points forts

  • L'un des principaux producteurs et exportateurs de pétrole au monde
  • Importantes réserves financières au sein du fonds souverain
  • Faible niveau de dette publique, offrant une marge de manœuvre budgétaire en cas de chocs
  • Comptes extérieurs solides

Points faibles

  • Une économie tirée par un secteur pétrolier dominé par l'État et par les dépenses publiques, avec une diversification et des progrès en matière de réformes limités
  • Forte dépendance vis-à-vis du pétrole pour les recettes publiques et les recettes d'exportation
  • Grande sensibilité à la demande extérieure de pétrole et à la volatilité des marchés, ce qui amplifie les fluctuations macroéconomiques
  • Exposition totale des exportations d'hydrocarbures au détroit d'Ormuz
  • Exposition aux risques géopolitiques régionaux, en particulier aux tensions impliquant l'Iran
  • Faible population, dépendance vis-à-vis de la main-d'œuvre étrangère

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Émirats arabes unis
19%
Inde
17%
Arabie saoudite
12%
Irak
12%
Chine
10%

Import des biens en % du total

Chine 19 %
19%
Europe 16 %
16%
Émirats arabes unis 13 %
13%
États-Unis d'Amérique 9 %
9%
Japon 5 %
5%

Perspectives

Les perspectives économiques mettent en lumière les opportunités et les risques à venir, aidant à anticiper les changements majeurs. Cette analyse est essentielle pour toute entreprise cherchant à s'adapter aux évolutions du marché.

Les conflits régionaux et le choc pétrolier sont à l'origine de la récession économique

En cas de conflit prolongé en Iran, les perspectives macroéconomiques du Koweït se détérioreraient considérablement en raison de sa forte dépendance vis-à-vis du secteur des hydrocarbures (près de 45 % du PIB), de sa dépendance totale vis-à-vis du détroit d'Ormuz pour ses exportations de pétrole et de la diversification économique limitée du pays. Les perturbations de la production et des exportations de pétrole sont le principal moteur du ralentissement économique, qui affecte directement l'activité globale et se répercute sur l'économie non pétrolière par le biais d'une baisse de la confiance, d'un report des investissements, d'un resserrement des conditions financières et d'une baisse des recettes publiques. Le Koweït est l’un des pays du Golfe les plus dépendants du détroit d’Ormuz pour ses exportations d’hydrocarbures, 100 % de ses exportations transitant par ce détroit. Les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont contraint le Koweït à réduire sa production de pétrole à environ 500 000 barils par jour (bpj), contre près de 3 millions de bpj avant le début de la guerre. La détérioration des conditions de sécurité affectera également les déplacements, les chaînes d'approvisionnement ainsi que les exportations et importations non pétrolières. De plus, les importations de GNL en provenance du Qatar, qui sont cruciales pour la production d'électricité nationale, pourraient se heurter à des difficultés logistiques et sécuritaires. Cela exercerait une pression sur l'approvisionnement énergétique national et la capacité de production d'électricité.

Dans le même temps, les pressions inflationnistes devraient s'accentuer, principalement en raison de facteurs externes. La hausse des coûts d'importation, résultant des perturbations de la chaîne d'approvisionnement et de la hausse des prix mondiaux du transport maritime, devrait contribuer à l'inflation intérieure, notamment par le biais des prix des denrées alimentaires. Cela met en évidence la vulnérabilité du Koweït à l'inflation importée, malgré des conditions de demande intérieure relativement modérées. Dans ce contexte, la politique monétaire devrait rester contrainte. Le dinar koweïtien est ancré à un panier de devises comportant une part importante de dollar, ce qui limite la capacité de la banque centrale à s'écarter de la politique monétaire américaine. En réponse, la banque centrale s’est tournée vers des mesures de soutien macroprudentielles plutôt que vers un ajustement des taux d’intérêt, notamment en assouplissant les exigences de liquidité et de fonds propres, en libérant des réserves de fonds propres et en augmentant la capacité de prêt des banques. Ces mesures visent à soutenir les flux de crédit et à amortir l’impact économique du conflit. Cependant, elles soutiennent principalement les conditions financières plutôt que de stimuler directement la demande de crédit. Ainsi, la politique monétaire ne reste qu’un outil de stabilisation partiellement efficace.

La baisse des recettes issues des hydrocarbures entraîne une détérioration des comptes publics et de la balance des paiements

La situation budgétaire devrait se détériorer fortement, principalement en raison de la forte dépendance du Koweït vis-à-vis des recettes issues des hydrocarbures, qui représentent 90 % des recettes fiscales totales. Une baisse de la production et des exportations de pétrole affaiblirait directement les recettes publiques. Parallèlement, les pressions sur les dépenses s'accentueraient, le gouvernement cherchant à atténuer l'impact de la crise sur l'économie nationale. Le Koweït dispose de réserves financières substantielles, notamment environ 1 000 milliards de dollars d'actifs détenus par la Kuwait Investment Authority (KIA), son fonds souverain (environ 650 % du PIB). Ces actifs permettraient à la politique budgétaire de conserver sa flexibilité et d'atténuer les répercussions du conflit sur l'économie.

La balance courante va se détériorer en raison de la dépendance du pays vis-à-vis des exportations d'hydrocarbures. Les perturbations des flux d'exportation de pétrole auront un impact sur les recettes d'exportation (qui représentent environ 90 % du total), tandis que la hausse des coûts de transport et les contraintes pesant sur la chaîne d'approvisionnement augmenteront le coût des importations, réduisant encore davantage l'excédent extérieur. De plus, les exportations du Koweït dépendent fortement du secteur énergétique. En l'absence de sources d'exportation alternatives, une baisse des recettes pétrolières affecterait directement la position extérieure du pays. D'autre part, les importations de denrées alimentaires et d'équipements étant des besoins indispensables, le Koweït ne peut pas facilement réduire ses dépenses d'importation pour stabiliser sa balance commerciale.

Malgré ces pressions, aggravées par le déficit structurel des services et les paiements liés aux transferts de fonds, les réserves internationales de la banque centrale (couvrant environ dix mois d’importations) et les importantes réserves de son fonds souverain constituent un rempart important contre les chocs extérieurs. Toutefois, une perturbation prolongée entraînerait une érosion plus marquée de l’excédent courant, renforçant ainsi la vulnérabilité structurelle de l’économie face à la volatilité du marché des hydrocarbures.

La géopolitique régionale constitue un risque majeur

Les risques politiques au Koweït découlent à la fois de frictions institutionnelles internes et d'une intensification des tensions régionales, qui, combinées, accentuent l'incertitude économique. Sur le plan national, les frictions récurrentes entre le gouvernement et le parlement (suspendu en 2024) entraînent souvent des retards dans la mise en œuvre de réformes économiques et budgétaires essentielles. Cette rigidité institutionnelle limite la capacité du gouvernement à réagir rapidement et de manière décisive aux chocs économiques, notamment en matière d'assainissement budgétaire, de réforme des subventions et de diversification économique.

Dans la région, les risques géopolitiques se sont considérablement accrus en raison de la guerre en Iran et de la fermeture du détroit d'Ormuz. En raison de sa proximité avec la zone de conflit et de sa forte dépendance vis-à-vis des voies d'exportation maritimes, le Koweït subit des répercussions directes, notamment des perturbations au niveau des exportations de pétrole, des flux commerciaux et du moral des investisseurs. Bien que le Koweït dispose de partenariats de défense solides, notamment avec les États-Unis, ces partenariats constituent principalement un facteur de stabilisation plutôt qu'une protection totale contre les répercussions régionales. En conséquence, le Koweït devrait rester fortement exposé à des risques géopolitiques accrus.

Dernière mise à jour : mai 2026