Après la normalisation post-covid, une croissance modérée en perspective
La croissance économique devrait ralentir en 2025, sous l’effet de la normalisation du développement du secteur touristique, après sa forte reprise postpandémique entre 2022 et 2024. La construction, en grande partie liée au tourisme, pourrait accuser le coup, avec une stabilisation en valeur, mais un repli d’environ 4% en volume. En 2026, une légère accélération de la croissance est attendue, principalement portée par les services (77 % du PIB en 2024). Les arrivées touristiques devraient rester dynamiques, soutenant le commerce, l’hébergement et la restauration, et contribuant ainsi à la demande intérieure et aux exportations de services. L’investissement dans les services financiers et les technologies de l’information et de la communication devrait également renforcer cette dynamique. Le secteur du textile (17 % des exportations en 2024) devrait stagner à nouveau, pénalisé par la concurrence accrue des économies asiatiques, la hausse des coûts de production et les droits de douane américains (15%). La filière de la canne à sucre (13 % des exportations) restera affectée par les effets persistants de la sécheresse. Toutefois, la demande européenne soutenue et les investissements nationaux devraient permettre une croissance modérée des exportations de poissons et produits de la mer (21% des exportations). En 2026, le développement des infrastructures (routes, ports, logements) sera stimulé par les investissements publics prévus dans le cadre du Programme d’Investissement du Secteur Public (PSIP) 2025/2026, redonnant de la vigueur au secteur de la construction.
La consommation privée (68% du PIB en 2024) sera favorisée par le recul du taux de chômage (6% en 2024, inférieur aux niveaux pré-pandémiques) et par une inflation maitrisée. En effet, elle devrait se maintenir dans la fourchette cible de la banque centrale (2%-5%) grâce à la modération des prix des matières premières. Toutefois, compte tenu des incertitudes économiques mondiales et nationales actuelles, la banque centrale pourrait maintenir son taux directeur inchangé, après l’avoir relevé à 4,5% en février 2025 pour répondre aux pressions liées à la hausse des coûts des services et des salaires.
Poursuite de la consolidation budgétaire
Après un budget 2024-2025 expansionniste, marqué par des incitations fiscales et des aides massives, le déficit a atteint près de 10?% du PIB, un record depuis les années Covid. Le budget 2025-2026 opère un virage restrictif : rationalisation des exonérations de TVA, augmentation des taxes d’accise sur les produits nocifs et véhicules, et contributions accrues des ménages et entreprises à hauts revenus. Les paiements liés au bail de 99 ans sur Diego Garcia (archipel des Chagos) versés par le Royaume-Uni renforceront les recettes publiques. Le gouvernement prévoit également de relever progressivement l’âge de départ à la retraite de 60 à 65 ans – les pensions représentent 26% des dépenses courantes – tout en rationalisant les prestations sociales. Ces réformes resteront fortement impopulaires. La mise en place d’un nouveau gouvernement à l’issue des élections de 2024 contribue à un meilleur contrôle des dépenses. Cette consolidation budgétaire réduira le déficit public, principalement financé par des emprunts domestiques. La dette publique (dont moins d’un quart est externe) restera au-dessus du plafond statuaire auto-imposé de 80% du PIB.
En 2026, le compte courant affichera toujours son déficit structurel, conséquence d’un lourd déficit commercial (26 % du PIB en 2024) lié à la forte dépendance aux approvisionnements extérieurs (pétrole, véhicules, céréales…) que renforce l’insularité du pays. Toutefois, la baisse des prix des commodités devrait alléger la facture d’importation, et les exportations de biens devraient progresser modestement. L’excédent structurel des services, quant à lui, devrait se réduire avec la normalisation du tourisme et l’augmentation des importations de services pour les projets d’infrastructure. Les flux d’IDE – plus de deux tiers à destination de l’immobilier, dont une bonne part liée au tourisme - continueront de soutenir les réserves de change qui restent confortables à fin octobre 2025 : 9,5 milliards de dollars (+12 % en glissement annuel), soit l’équivalent de 13 mois de couverture des importations.
Alternance démocratique
En fonction depuis 2017, l’ancien Premier ministre, Pravind Jugnauth, et ses alliés ont subi un revers retentissant lors des législatives d’octobre 2024, après une campagne entachée par un scandale d’écoutes téléphoniques à grande échelle. Reconnaissant sa défaite, Jugnauth a cédé sa place à Navin Ramgoolam, un poste que ce dernier avait déjà occupé par deux fois dans le passé. Son Alliance du Changement s’est imposée avec 60 sièges sur 70 au Parlement. L’alternance et la transition pacifique ont démontré, une fois de plus, la bonne santé démocratique du pays.
A l’international, Maurice continuera d’entretenir des liens étroits avec ses principaux partenaires commerciaux, notamment la France, l’Inde et l’Afrique du Sud. En mai 2025, Maurice a signé un traité avec le Royaume-Uni pour acter la rétrocession des îles Chagos – un archipel isolé au nord de l’océan Indien – mettant fin à un différend territorial qui dure depuis des décennies. L’application du traité est prévue début 2026. Tout en reconnaissant officiellement la souveraineté mauricienne sur l’archipel, l’accord accorde au Royaume-Uni un droit d’accès au principal atoll de Diego Garcia - qui abrite une base militaire conjointe avec les Etats-Unis - pour une durée initiale de 99 ans, moyennant un loyer total estimé à 4,7 milliards de dollars. Le traité prévoit également le versement, par le Royaume-Uni, d’une subvention annuelle de 45 millions de livres sterling pendant 25 ans, destinée à financer des projets de développement impliquant des entreprises britanniques.

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