études économiques
Cap-Vert

Cap-Vert

Population 0,6 million
PIB par habitant 3 065 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 5,7 -14,8 7,0 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,1 0,6 1,9 6,5
Solde public / PIB (%)* -1,7 -9,1 -7,3 -6,3
Solde courant / PIB (%)** -0,4 -15,0 -11,3 -14,1
Dette publique / PIB (%) 114,0 142,6 143,0 145,9

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus **Coopération internationale incluse

POINTS FORTS

  • Réserves halieutiques
  • Services bancaires et de télécommunications performants
  • Institutions politiques stables
  • Accord de coopération de change avec le Portugal, garantissant convertibilité et parité fixe avec l’euro, et une facilité de crédit
  • 20% de l’énergie consommée du pays provient actuellement de panneaux solaires et éoliennes, et objectif de 50% en 2030

POINTS FAIBLES

  • Faible diversification de l’économie et dépendance au tourisme
  • Dette publique très élevée
  • Fortement dépendant des performances économiques des pays de la zone euro
  • Infrastructures vieillissantes et de mauvaise qualité
  • Insularité : dépendance aux importations de denrées alimentaires (85% des importations totales) et produits énergétiques
  • Exposition au changement climatique et au risque volcanique, sismique et cyclonique

Appréciation du risque

Une reprise économique soumise à l’économie européenne

L’économie capverdienne reste fortement tributaire du tourisme: plus de 50% de ses recettes totales d’exportation, 25% de son PIB, environ 40% avec ses retombées, avant la pandémie de la COVID-19. La très grande majorité des visiteurs provenant d’Europe occidentale, le rythme de la reprise de son activité, depuis son effondrement provoqué par la COVID en 2020, est donc soumis aux aléas européens; mais aussi mondiaux à travers l’évolution du prix des matières premières et celle de la situation sanitaire. Si le tourisme ne devrait pas encore retrouver son niveau d’activité pré-pandémique en 2022 malgré l’assouplissement des restrictions sur les voyages internationaux, la reprise continue des recettes générées augmentera la contribution nette des échanges commerciaux à la croissance. Cependant, les retombées de la guerre en Ukraine alimentent les tensions inflationnistes au Cap Vert (8.2% en juin 2022) qui importe la majorité de ses denrées alimentaires (85%) et de son énergie. L’escudo étant officiellement ancré à l’euro, comme lui, il s’est déprécié face au dollar américain, renforçant ces tensions qui pèsent sur la consommation des ménages. Compte tenu du resserrement de la politique monétaire de la BCE, la Banque du Cap-Vert devrait l’imiter, ce qui devrait encore ralentir la demande intérieure. Ainsi, si la détérioration des conditions extérieures suite à la guerre en Ukraine affaiblit la reprise économique, la hausse des exportations, la reprise des IDE, notamment en lien avec le tourisme, ainsi que des envois de fonds par les expatriés (10% du PIB), ajoutées à la Facilité Elargie de Crédit élargi (FEC) de trois ans conclu avec le FMI en juin 2022, limiteront la baisse du rythme de croissance pour 2022. Les autres secteurs clés de l’économie que sont la pêche (principalement de thon, 5% du PIB), l’agriculture, l’énergie, la construction et le transport sont aussi repartis, grâce à la reprise de la demande extérieure et domestique. Néanmoins, le pays fait face aux conséquences du changement climatique avec une sécheresse persistante qui menace le secteur agricole depuis plusieurs années.

 

Des déficits toujours importants mais à relativiser par un soutien multilatéral

La baisse des recettes fiscales, la réponse budgétaire, et la disparition des touristes engendrées par la pandémie avaient déjà conduit à une explosion des déficits budgétaire et courant en 2020. Malgré la progression des recettes issues du tourisme depuis l’assouplissement des restrictions de voyages, les retombées économiques du conflit ukrainien devraient entraîner un nouveau creusement significatif du déficit courant, après son amélioration en 2021. Ceci a poussé le gouvernement à déclarer l’état d’urgence sociale et économique en juin 2022 dans le but d’obtenir plus de soutien de la part de la communauté internationale pour l’aider à financer les mesures de protection des familles et des entreprises. Effectivement, le FMI a approuvé un programme assorti d’une Facilité élargie de crédit triennale de 60 millions d'USD (environ 3% du PIB), avec un décaissement immédiat de 15 millions, ce qui devrait, par ailleurs, faciliter l’obtention de financements supplémentaires bilatéraux et multilatéraux. La Banque africaine de développement a ainsi accordé une aide de 10 millions d’USD en juillet 2022. Même si la pandémie et le conflit ukrainien ont affaibli la dynamique de réformes structurelles, comprenant notamment la restructuration et la privatisation d’entreprises publiques, le gouvernement entend mener la plupart en 2022-23 avec le soutien des organismes multilatéraux. Elles permettront d’améliorer l’environnement des affaires, d’attirer les investissements privés et d’augmenter la compétitivité, ce qui in fine soutiendra la croissance et améliorera la viabilité de la dette. Le déficit budgétaire devrait se réduire progressivement grâce à la poursuite de la reprise de l’activité économique, la mise en place des réformes et d’une politique d’assainissement budgétaire.  Néanmoins, un risque élevé de surendettement subsiste avec une dette publique extérieure qui représenterait 103,6% du PIB en 2022, mais majoritairement contractée auprès d’organismes multilatéraux et bilatéraux et dont le service ne représente que 9% du PIB annuellement. Le besoin de financement extérieur restera toujours important en raison de la persistance d’importants déficits, à la fois public et extérieur, mais le soutien multilatéral sera assuré. 

 

Une stabilité politique maintenue malgré l’instauration d’une cohabitation

José Maria Neves, membre du Parti africain pour l'indépendance du Cap-Vert (PAICV, positionné à gauche) et Premier ministre entre 2001 et 2016, a été élu président dès le premier tour (51,7% des voix) lors des élections d’octobre 2021. Il succède à la tête de l’Etat à Jorge Carlos Fonseca, issu du parti de centre droit, le Mouvement pour la Démocratie (MpD), qui avait atteint la limite constitutionnelle de deux mandats consécutifs. Ainsi, dans ce régime semi-parlementaire, sa victoire instaure une cohabitation avec le Premier Ministre Ulisses Correia e Silva (MpD), en poste depuis 2016. Le mandat de ce dernier a été renouvelé en avril 2021, après que le MpD ait conservé sa majorité absolue lors des élections législatives (38 sièges sur 72), devançant le PAICV (30 sièges). José Maria Neves a promis de travailler avec le gouvernement du MpD. Les épisodes précédents de cohabitation n’ont traditionnellement pas généré de tensions politiques majeures, y compris entre 2011 et 2016 lorsque José Maria Neves était à la tête d’un gouvernement PAIVC, sous la présidence de Jorge Carlos Fonseca. Sur le plan international, l’Europe (principalement le Portugal et le Royaume-Uni) reste un partenaire majeur et une source importante de touristes et d’IDE. Il continuera également de renforcer ses liens avec la Chine, dont les investissements sur l’archipel sont en augmentation, se concentrant dans les secteurs du tourisme, des infrastructures, ainsi que dans la construction d’une zone économique spéciale.

 

Dernière mise à jour : Août 2022

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