études économiques
Maurice

Maurice

Population 1,3 millions
PIB par habitant 8 619 $US
B
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2020 2021 2022 (e) 2023 (p)
Croissance PIB (%) -14,9 4,0 5,9 5,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,5 3,2 10,5 7,5
Solde public / PIB (%)* -11,8 -19,7 -9,0 -5,6
Solde courant / PIB (%) -9,2 -13,7 -13,5 -8,1
Dette publique / PIB (%)* 84,6 99,2 92,4 88,1

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale 2023 allant du 1er juillet 2022 au 30 juin 2023

POINTS FORTS

  • Institutions démocratiques stables et excellent climat des affaires
  • Situation stratégique entre Afrique et Asie
  • Secteur financier offshore en développement
  • Accords de libre-échange avec la Chine et l'Inde
  • Bilinguisme (anglais et français)

POINTS FAIBLES

  • Dépendance commerciale, économique et politique vis-à-vis de l'Europe et de l'Asie, surtout de la Chine et de l’Inde
  • Dépendance totale à l'égard des importations de produits alimentaires et d'énergie
  • Situation insulaire, petit marché intérieur et infrastructures médiocres
  • Manque de travailleurs qualifiés et baisse de la compétitivité des exportations

Appréciation du risque

Une nécessaire diversification face aux vicissitudes du tourisme

Les îliens sont exposés à tous les vents, la pandémie ayant affecté le tourisme et l’invasion russe de l’Ukraine les prix à la consommation. Le chômage a reflué grâce à la normalisation des conditions d’entrée depuis l’Europe, passant d’un pic à 10,5% début 2021 à 8,1% mi-2022, grâce à une levée totale des restrictions fin juin 2022. Néanmoins, l’inflation galopante, liée au fait que la quasi-totalité de l’énergie et des biens de consommation soit importée, pèsera en 2023 sur le pouvoir d’achat des ménages. De plus, la perspective d’une récession sur le Vieux Continent augure d’une atonie du tourisme, secteur qui ne comptait pas pour moins d’un quart de la richesse produite, des emplois et la moitié des exportations nettes en 2019. Pour soutenir les ménages, le gouvernement a annoncé une hausse de 17,6% des aides sociales (32,2% des dépenses publiques totales), ainsi qu’un contrôle des prix maintenu sur des produits de première nécessité comme la farine, le gaz de cuisson et la nourriture infantile. Ces mesures sociales devraient permettre d’éviter un tassement de la consommation des ménages, prévue à environ 80% du PIB en 2023, malgré les incertitudes et la politique de normalisation de la banque centrale.

Monté à 3% en septembre 2022 contre 1,85% pendant la pandémie, le taux d’intérêt principal de la Banque de Maurice devrait continuer à être utilisé pour lutter contre l’inflation, le gouverneur considérant alors que « la banque centrale sera de moins en moins accommodante à mesure que la reprise se confirme ». Ceci devrait avoir un effet modéré sur la construction, autre moteur de la croissance et corrélée aussi au tourisme.

L’archipel de Maurice bénéficie certes d’un renforcement momentané de la demande mondiale pour les textiles (16% des exportations et 5% du PIB), mais sa base manufacturière continue de s’éroder, plombée par une main d’œuvre relativement peu compétitive.  La modernisation et la diversification (raffinage industrialisé, centrale à biomasse, bioéthanol) participe au renouvellement de la filière sucrière (6% des exportations). Le pays espère se renouveler avec l’économie maritime, les fintechs (50% du PIB étant dû à la finance) et la diversification du profil des visiteurs. Des infrastructures rénovées pour augmenter les capacités du port de la capitale ont ainsi été livrées en 2017, l’île est promue comme destination de luxe avec incitations fiscales dans l’immobilier haut de gamme, et les professionnels cherchent depuis peu à attirer les voyageurs asiatiques.

 

Des tendances macroéconomiques plombant les grands équilibres

Le gouvernement mauricien devrait conserver un espace fiscal assez confortable dans les années à venir, avec un déficit contrebalancé par une croissance pérenne et des taux d’intérêt modérés. Ce déficit viendra financer des investissements limités et peu efficaces dans une infrastructure déjà défaillante, ainsi qu’une hausse de la pension de retraite minimale de 50% en 2023 (0,8% de PIB).Ceteris paribusle vieillissement de la population devrait peser sur les finances publiques, avec un ratio de dépendance (pour les 65 ans et plus) passant de 0,4 retraité pour un actif à 0,5 en 2034. Les dépenses sociales constituent un poste important : 9% du PIB et un tiers des dépenses publiques. Avec un stock principalement émis en roupies mauriciennes, l’Etat subira un service de la dette plus élevé avec la hausse des taux. Port-Louis privilégiant les financements locaux, la détention domestique écarte la perspective d’une éventuelle crise de change, mais pas celle du surendettement.

En 2023, le déficit courant devrait se réduire grâce au rétablissement du tourisme et aux exportations de textile pour l’Europe, les traités de libre-échange avec l’Inde et la Chine devant soutenir le transbordement et les services financiers. A long terme, le maintien d’une dépendance forte à l’approvisionnement extérieur, une logistique tributaire de l’insularité et les fluctuations des cours devraient maintenir ce déficit en zone négative. Le retrait de la liste du GAFI et de l’UE des paradis fiscaux fin 2021 incite au retour des investissements de portefeuille. Ces flux entrants, une attractivité retrouvée favorisant les IDE et un repli en niveau devraient faciliter le financement du déséquilibre courant. Les sociétés offshores (Global Business Companies) font de l’archipel le « Luxembourg de l’Afrique » : leurs bénéfices « rapatriés » en dollars sont enregistrés comme revenus primaires et déposés dans des banques locales. Bien que leurs flux d’investissement sortants ne sont pas enregistrés clairement, leurs flux financiers nets sont considérés comme positifs pour la balance des paiements. Toutefois, des risques de liquidité pourraient apparaître en lien avec le volume de leurs dépôts (équivalant à 120% du PIB).

 

Un renforcement des liens avec l’Inde et la Chine

Avec ses partenaires de la coalition, l'Alliance mauricienne menée par le Premier ministre Pravind Jugnauth a conservé une confortable majorité à l'Assemblée nationale à l'issue des législatives de 2019, les prochaines étant en 2024. Des interpellations de critiques du chef de l’exécutif soulèvent des craintes pour la liberté d’expression. Cependant, sa politique favorable aux milieux d’affaires ne devrait pas affronter d’opposition sérieuse, les partis de gauche demeurant divisés et l’approbation publique élevée.

Sur le plan extérieur, Maurice continuera à entretenir des liens solides avec les pays européens, la Chine et l'Inde, ses principaux partenaires économiques. Maurice a signé un accord de partenariat économique global (CECPA) avec l’Inde entré en vigueur en avril 2021, et un traité de libre-échange avec la Chine pour janvier 2023. Enfin, malgré la décision consultative de la Cour Internationale de Justice enjoignant en 2019 au Royaume-Uni un transfert de la souveraineté sur les îles Chagos, Londres n’a fait montre d’aucune volonté d’avancer concrètement. A partir de 2019, l’Inde a construit une base aérienne avancée sur l’île d’Agaléga, replaçant l’état insulaire comme « l’Etoile et la Clé de l’océan Indien ».

 

Dernière mise à jour : Novembre 2022

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