études économiques
Maldives

Maldives

Population 0,4 million
PIB par habitant 9 889 $US
C
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 7,0 -32,0 18,9 13,2
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,3 -1,6 1,4 2,3
Solde public / PIB (%) -6,6 -22,7 -18,1 -12,8
Solde courant / PIB (%) -26,5 -29,9 -15,9 -13,9
Dette publique / PIB (%) 78,3 146,0 137,2 133,3

(e):Estimation (p): Prévision

POINTS FORTS

  • De bonnes relations avec les deux puissances régionales : la Chine et l'Inde
  • Développement du potentiel touristique dans les îles inhabitées
  • Meilleures infrastructures de transport
  • Meilleures relations avec l'Occident, soutien fiable des institutions multilatérales

POINTS FAIBLES

  • Trop tributaire du tourisme
  • Isolement géographique
  • Finances publiques précaires
  • Volatilité politique
  • Très forte exposition au risque climatique (élévation du niveau de la mer)
  • La faiblesse du capital humain limite le potentiel de diversification

Appréciation du risque

Un long chemin vers la reprise pour cet archipel dépendant du tourisme

L'économie maldivienne est extraordinairement dépendante du tourisme, qui, au cours d'une année normale, représente directement 25 % du PIB, et 60 % en incluant les secteurs connexes tels que les fournisseurs de produits alimentaires. Le secteur des services au sens large représente 78% du PIB. À ce titre, l'économie bénéficiera grandement du retrait progressif des restrictions de déplacement en Europe, en Inde et en Chine, qui représentent la part du lion des visiteurs. La clé du redressement du pays est le succès remarquable de la campagne de vaccination, dont le rythme rivalise avec celui de Singapour ou de la plupart des pays européens. En effet, des vaccinations ont même été proposées pour attirer les visiteurs étrangers. Par conséquent, le tourisme a pu rouvrir rapidement : on estime que les arrivées de touristes en 2021 ont représenté 65% de celles de 2019, soit le double des chiffres de 2020. Le retour  des touristes et le redressement du PIB  aux niveaux d'avant la pandémie sont prévus pour le début de 2023. D'autres secteurs de services importants, comme le commerce de détail et les transports, suivront le rythme du tourisme. L'inflation s'intensifiera, stimulée par la hausse des prix à l'importation, mais les subventions de prix atténueront le choc pour les consommateurs. Les investissements dans les infrastructures devraient être l'un des piliers de la reprise, car les projets de développement de nouvelles stations balnéaires et des capacités de l'aéroport international Hanimaadhoo (nouveau terminal et nouvelle piste) sont toujours en bonne voie. Les exportations de produits agricoles clés, tels que les produits de la pêche et la noix de coco, resteront élevées et résisteront bien, et la croissance des importations ne dépassera pas le taux de reprise du tourisme, de sorte que les exportations nettes continueront à apporter une contribution faible mais positive à la croissance. 

 

Les déséquilibres extérieurs et budgétaires vont s’atténuer mais resteront une menace sérieuse

Le risque souverain s'est accru, comme en témoigne la décision de Moody's de rétrograder la note du pays de B à Caa1 en août 2021, l'enfonçant encore davantage dans la catégorie spéculative. Les dépenses d'infrastructures, bien que favorables à la production potentielle, représentent une charge budgétaire. Les dépenses devraient donc augmenter de 3,8%, dont une grande partie est due à la hausse du service de la dette. Malgré une réduction significative liée à l'augmentation des recettes fiscales, le déficit budgétaire sera encore deux fois plus élevé qu'avant la pandémie. Près de la moitié de la dette publique est externe, dont 82% en devises étrangères. Enfin, la structure des échéances de la dette est fortement concentrée en début de période, et 51% de la dette est à taux variable. Tout cela constitue un risque élevé de surendettement. La reprise du tourisme est trop lente pour reconstituer les réserves de devises étrangères, qui ne représenteront plus que 1,7 mois d'exportations en 2021 et 2022. L'autorité monétaire des Maldives n'a pu maintenir l’ancrage de la rufiyaa au dollar américain que grâce à une ligne de swap de devises de 400 millions USD accordée par la Reserve Bank of India, dont la moitié environ a été utilisée. Les importants besoins de financement extérieur rendent l’ancrage de la monnaie vulnérable et le pays dépendant des financements concessionnels. Le déficit extérieur structurel important est essentiellement alimenté par les recettes du tourisme du côté des revenus et par les importations de biens et de services du côté des dépenses. Il a été principalement financé par une combinaison d'IDE et de financements concessionnels (y compris la récente facilité de crédit rapide du FMI et l'allocation de 20 millions de DTS). Toutefois, le rôle des créanciers privés devrait s'accroître dans les années à venir, ce qui rend le pays de plus en plus vulnérable à un arrêt brutal et à une augmentation des coûts du service de la dette, qui s'élèvent déjà à environ  4% du PIB.

 

Malgré des signes de division, la position du gouvernement  est solide 

L'instabilité politique s'est atténuée avec l'élection d'Ibrahim Mohamed Solih du Parti démocratique maldivien (MDP) en septembre 2018. Sous son prédécesseur, Abdulla Yameen, le pays a connu un tournant autoritaire, accompagné d'une détérioration de la sécurité et de l’environnement des affaires. Le nouveau gouvernement, qui a obtenu une majorité de 74% aux élections législatives d'avril 2019 (65 sièges sur 87), s'est fixé pour objectif d'améliorer le cadre institutionnel, avec notamment des mesures visant à renforcer l'État de droit et la liberté de la presse, de grands projets d'infrastructures et la diversification industrielle. Des fissures se sont ouvertes au sein du PDM et l'unité derrière Solih n'est pas garantie. Les prochaines élections (présidentielles fin 2023, législatives début 2024) seront plus compétitives. Après avoir été acquitté de manière inattendue des accusations de corruption fin 2021, Yameen est revenu sur la scène politique et sera un candidat redoutable en 2023. Les Maldives sont un partenaire géostratégique apprécié en raison de leur position sur les routes commerciales internationales de l'océan Indien. La Chine y exerce son influence grâce à un accord de libre-échange et à d'importants investissements dans les infrastructures (plus de 1,2 milliard d'USD) dans le cadre du projet des Routes maritimes de la soie. En outre, les prêts de la Chine représentent 45% de la dette nationale du pays. Cependant, la nouvelle administration cherche à opérer un pivot diplomatique vers l'Inde, ce qui se manifeste par un prêt de 400 millions USD destiné à financer divers projets d'infrastructures. La signature d'un accord militaire avec les États-Unis, qui ont annoncé leur intention d'ouvrir une ambassade, constitue une signe rapprochement géopolitique avec l'Occident.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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